Un thé en Indonésie - Iles de Java, Bali et Gili

Ca y est, l'heure est venue d'aller à la plage après ces 3 mois dans les terres.
Et comme ça tombe en pleine période de vacances estivales en France, c'est l'occasion rêvée pour que ma petite soeur chérie vienne me retrouver.



C'est donc après 7h de vol avec escale à Kuala Lumpur que je suis passée d'Inde en Indonésie.
J'ai juste rencontré un problème, et pas des moindres, au départ à l'aéroport de New Delhi en Inde. Rahul ayant tenu à m'accompagner jusqu'à la dernière seconde, je lui ai dit de m'attendre un instant dehors le temps que j'aille dans le hall d'entrée déposer mon bagage et je ressors pour qu'on se prenne un thé. Et en voulant ressortir, je me suis fais arrêtée par les vigiles qui m'interdisaient la sortie. Euuhh mais comment ça, je ne peux plus sortir, je ne suis même pas passer à l'immigration, c'est pas possible. Et bien oui, à l'aéroport de New Delhi, c'est super strict en terme de sécurité et ils interdisent toute sortie dès qu'on a mis le pied dans le hall d'entrée. Ça ne m'aurait pas poser de probème si je n'étais pas attendue dehors. Mais là, hors de question que je parte sans qu'on se dise aurevoir. Du coup, après ma 3ème tentative de sortie ''discrète'' arrêtée par les vigiles, ils m'ont précisé que je devais demander une autorisation spéciale à ma compagnie aérienne pour sortir. Non mais tranquille les mecs, on se détend là. Du genre tenace, je suis partie plaider ma cause gentiement au bureau d'enregistrement et une charmante jeune femme a pris mon cas en compassion. Elle a été discuter avec plusieurs vigiles alors que j'avais interdiction de mettre un pied dans le sas de sortie. Mais tous les vigiles ont refusé que je sorte. Je rêve. À défaut de wifi, j'ai dû demander à la jeune femme si elle pouvait appeler Rahul car seul lui pourrait venir car je n'aurai pas possibilité de sortir et on aurait droit à 5 minutes dans le sas. J'avais juste l'impression d'être en zonzon dans cet aéroport. Après m'avoir précisé qu'elle avait normalement interdiction d'appeler de son téléphone personnel pour raisons de sécurité, elle a finalement appelé et ouf il a décroché. En 30 secondes, il était là et on avait nos quelques minutes dans le sas pour se dire aurevoir, scrutés par quelques paires d'yeux autour de nous. Le départ avait sonné, j'ai rejoint tous les contrôles de sécurité, sourire aux lèvres de ces merveilleux jours en Inde.

Heureusement que j'allais retrouver ma soeur. Comme j'arrivais avant elle à Jakarta sur l'île de Java en Indonésie, j'ai eu le temps de m'enthousiasmer de nos retrouvailles. Et après 6h d'attente, j'ai vu son petit bout de nez se pointait, elle m'a direct vue et a brandi ma souris en peluche en plein milieu de l'aéroport devant tout le monde. Coquine va. De très gros calins, des bisous, ses pleurs de joie. Bref, que d'émotions.
À nous ces 2 semaines ensemble, la première en mode aventure sur l'île de Java, la seconde en mode plage à Bali. Et ensuite, 2 semaines en plus pour moi poir découvrir encore plus l'Indonésie.
Mais le mieux est que je lui laisse la parole. C'est donc Soline, la nouvelle aventurière qui parle maintenant pour son premier voyage hors d'Europe !

"Jeudi 13 juillet J-1

Dernières recommandations de mon entourage, dernières verifications du sac a dos, me voilà sur le quai de la gare de Châteaudun, direction Paris Austerlitz. Une fois arrivée sur Paris, c'est Alina, la grande amie de ma soeur qui m'a accueillie et chez qui je passerai ma courte nuit après le feu d'artifice. 4h. Aïe, le reveil pique !
Je me lève avec le ventre un peu noué. C'est parti pour rejoindre Charles de Gaulle à 6h du matin. Apres quelques accolades, que l'aventure commence, je fais le check-in et décole avec Qatar. Me voila dans les airs à contempler les nuages.
17h plus tard, avec une escale à Doha puis Kuala Lumpur, ca y est l'avion atteri à Jakarta.
Après ces 3 mois d’attente, ma grande sœur se trouve ici, près de moi, dans un rayon de 100m. La tension est à son comble. Je cours recupérer en vitesse mon bagage et en profite pour extirper son nounours favori afin de lui faire la surprise et pour qu'elle me repère au loin. Bingo ! Ca a marché, j'apercois sa tête blanche parmi toutes ces têtes marron. Elle a voulu me faire une surprise en se cachant mais trop tard ! Les aimants s’attirent !
Un hola m'envahit et je cours vers elle pour la serrer dans mes bras.

Après quelques heures à Jakarta le temps de manger un bout, nous embarquons dans un train pour Bandung.

J’ai tout d’abord été surprise par le changement d’horaire. Il faisait nuit très tôt, à 17h30. C’est déstabilisant. Je me suis cru en hiver alors que je venais passer mes vacances d'été.

Nous sommes donc arrivées à Bandung en pleine nuit après ce trajet qui m'a paru infiniement long et très bruyant car les chauffeurs klaxonnent en permanence. Et puis ici, pour rejoindre les quais, il faut passer dans les trains et leurs sièges sont pivotables dans le sens de la marche.
Mon premier pied se pose enfin sur le sol de Bandung et j'ai senti directement que je n'allais pas pouvoir m'adapter à cette ville : la pollution qui m'empêche de respirer et le bruit incessant des motos à n'en plus finir. Et une foule de taximan qui nous saute dessus pour monter dans leur taxi. Mais nous refusons, une fois, deux fois, trois fois. Je me demande quand Mathilde va bien dire oui à un chauffeur. Et nous continuons notre chemin. Elle me dit que le taxi c'est nous qui le choisissons, pas lui qui nous choisit. Et là, une jeune fille vient nous accoster pour nous demander notre destination et là, un mec sortit de nul part nous dit qu'il nous attendait, que son ami de l'hotel lui a dit que 2 francaises arrivaient ce soir. Bon Mathilde me dit qu'elle a échangé avec le mec de l'hotel avant mais bon j'ai pas trop confiance moi. S'ensuit la marche jusqu'à l'auberge, mon visage se decomposait au fil de mes pas tandis que Mathilde papotait avec le mec tranquillement. De plus, n’ayant pas pratiqué l’anglais depuis un certain temps, j’ai dû me refaire l’oreille et les entendre me baragouiner en langue étrangère m’est apparue insupportable.
Ma première grosse question existentielle : où sont les poubelles ? Les cours d'eau sont remplis de déchets, les fils électriques tombent a notre niveau, pas de panneau de signalisation, tu t'inventes tes propres passages pietons et cours pour ne pas te faire couper en deux car là bas, il y a un flux permanents d'automobilistes à n'importe quelle heure.
De plus, je n’entendais pas d’ambulances, de policier. « Marche où crève » a été mon slogan.
Et Mathilde qui me dit qu'elle va pouvoir se relaxer ici car c'est calme par rapport au Nepal et à l'Inde. Je croyais qu'elle rigolait mais non.
De plus, deux touristes, grandes blanches en sac a dos, ça attire les curieux et nous avons le droit a un sourire à chaque regard posé sur nous. Nous nous faisons meme accoster pour prendre des photos. Bon, j'ai pas dormi depuis 24h, je veux me laver et poser mon sac. Mais ma soeur me dit que c'est justement en gardant le sourire en toutes circonstances que tout passe beaucoup mieux, quelle que soit la difficulté de la situation.
Je me demande déjà comment elle fait pour voyager depuis 3 mois.
J'avais hâte d'arriver à l'auberge pour apaiser mon esprit de ce bruit incessant. Nous y sommes finalement arrivées grâce au mec sorti de nul part, et heureusement qu'on l'a croisé sur notre chemin car l'adresse de notre gps n'etait pas la bonne ! Une fois mon sac à dos posé, je peux enfin sauter dans "la douche" pour évacuer toutes ces tensions. Manque de pot, le jet est très faible et l'eau est froide. Et les toilettes révèlent d'une autre dimension. Fini le papier toilette, tu as pour unique solution, un jet d’eau. Sympathique !
Et Mathilde qui me dit que c'est normal, que les infrastructures sont loin de l'Europe et qu'on s'y fait vite et que oui, le voyage réserve aussi toutes ces ''surprises''.
Alors là, j'ai pas pu m'empecher de lui demander ''pourquoi tu fais des pays comme ça?''. Et, qu'à cette heure tardive, fatiguée et souriante, elle me réponde que ce qu'elle aime c'est le ''bronx'' et que c'est là qu'elle y découvre la vraie beauté du monde, que les hotels classiques ça la gave au bout de 2 jours et qu'elle préfère largement dormir dans une yourte dans le fin fond des steppes avec des agneaux, même si elle a pas d'eau courante.
Un peu tapée ma soeur quand même. 
Bon, sur ce il est grand temps d'aller nous coucher après toutes ces émotions.

Au réveil, j’avais les crocs, je n’avais pas mangé un repas correct depuis la France, j’attendais le petit-déjeuner très consistant avec impatience. Fini l’illusion Soline, tu te contenteras d’une banane et d’un thé.
Le midi même, toujours affamée, je me jette sur les tomates. Pas de bol, c'était du chili. J'en ai mangé 3 d'un coup. Mathilde était morte de rire. Moi j'en ai pleuré tellement ça m'a arraché et presque vomi.

Chili effects

L’une des choses les plus dures pour moi aussi a été de passer une bonne partie du voyage sans Wifi. Certes, cela permet de se déconnecter et d’échanger avec la population mais me connecter est vite devenu essentiel pour me sentir en sécurité, avoir des nouvelles de mes proches et de notre pays.

Ça a aussi été très dur physiquement de changer d’endroits, sans savoir où l’on dormait le soir même.

Après ce réveil à Bandung, on a pris un train direction Yogjakarta. Ce trajet était très joli car on passait à travers les rizières au coucher du soleil et très près des habitations. Une fois arrivées, heureusement, comparé à notre dernier hébergement, celui là était bien aménagé : on dormait dans un bungalow sur pilotis et le gérant était très sympa.








De Yogjakarta, on en a profité pour partir la journée voir le temple boudhiste de Borobudur. Ici j'ai enfin vu des touristes car j'en avais vu que très peu jusque là et ça ne me rassurait pas de trop. Et puis c'était propre, sans déchets, enfin.
Et même là, quand on nous demandait des photos ça ne me dérangeait pas. On a même beaucoup rigolé car toute une famille nous a demandé et ils étaient tellement content que la femme à côté de moi me serrait comme pas possible et Mathilde était à côté de la petite mamie qui lui a mis la main sur la cuisse. Ils étaient vraiment rigolo ceux là.















Ne pas avoir mon hygiène habituelle a également été un autre coup dur pour moi. Fini mes soins, mon maquillage, mes bijoux. Et, pour moi, vacances signifie short et débardeur. Mais il s’avère qu’ici, on est en pays musulman et il faut être couvert, encore plus quand tu es une femme. Mettre un pantalon alors qu’il fait 30° dehors, ce n’est pas trop agréable, surtout quand tu dois marcher avec ton sac à dos de 15 kgs.







Notre troisiéme ville étape a été Surabaya pour aller au volcan Bromo et au volcan Ijien
Cette fois-ci, j’avais prévenu Mathilde que je voulais un hôtel normal, avec de l’eau chaude, un wifi et un petit déjeuner costaud afin que je reprenne des forces. Une fois arrivées à Surabaya, l’adresse de l’hôtel s’est avéré faussée, et lorsque nous demandons des indications aux indonésiens, ceux-ci ont la fâcheuse habitude de répondre « oui » même si c'est non. C'est dingue ça. Nous avons enfin trouver notre hôtel, qui était un peu plus loin dans la rue et digne de ce nom ! Alléluia, un hotel, un vrai, avec eau chaude, toilette, grand lit, fabriqué en pierre et un énorme petit déj.
Après avoir connu le bas de l’échelle, c’est fou comme les choses de la vie quotidienne nous paraissent jouissives.
C'est aussi ici, dans cette ville, que Mathilde et moi avons beaucoup échangé pour mon avenir professionnel et j'ai eu une révélation ! C'est ça une soeur !

Le lendemain, nous avions prévu d’aller visiter le volcan Bromo qui se situe à 2h de trajet en bus de notre hôtel comme nous l'avais indiqué le récéptionniste. Encore une fois, une tonne de chauffeur de bus et taxi s'est précipité vers nous afin de nous vendre le trajet. Et on a chopé le gros lot : un bus sans air conditionné, pas de suspension, avec le minimum de confort. Ça va être sympa ces 2h de route.



Une fois arrivée à l’endroit en question cité par notre super hôtelier, nous désenchantons. Nous arrivons dans un village, dans un bureau où le mec nous annonce qu’il reste encore 3h avant d’arriver à Bromo et que nous devons encore poser des billets sur la table. Il était 15h, encore 3h de route aller ? La nuit allait arriver, il en était hors de question !



Nous repartons sur le chemin du retour sans avoir vu le volcan Bromo et en ayant passer le chemin du retour a coté des toilettes avec la superbe odeur.  Sympa la journée dans les transports en commun. Décidément, cette île ne nous accueille pas à bras ouverts. Mathilde, voyant mon état se dégrader, m'a dit qu'on partirait plus tôt pour Bali. Ouiiiiii.

J’avais qu’une seule hâte, c’était de poser le pied sur le ferry et quitter cette île de Java.
Dès l’instant où nous avons franchi l’île de Bali, je me suis sentie dans mon élément. Délivrée ! Et pour cause, entre Java et Bali, il y a un décalage horaire, il fait nuit 1h plus tard, et croyez-moi, cela change beaucoup. De plus, Bali est une île bouddhiste et l'atmosphère change beaucoup aussi.




Arrivée à Bali, nous avons repris un bus pour rejoindre la capitale Denpasar : 4h pour faire 100kms. Pas la course ici.

Nous avons finalement jeté notre dévolu sur les îles Gili. De l’enfer au paradis c'est presque comme ça que je l'ai vécu.



Nous nous sommes posées sur Gili Air en premier lieu. Avec débarquement du bâteau, les pieds dans l'eau. Les vacances peuvent commencer ! Eau transparente, transports motorisés interdits (=pas de bruit), des cidomos qui sont des carioles avec cheveaux, et des touristes mais pas trop. Nous nous sommes même accordé des massages. Et puis le cinéma sur la plage après nos repas de poissons devant le coucher du soleil. Le rêve.
On s'est pris un vélo aussi mais c'est un peu galère avec les traversées des plages avec tout le sable.














Mon coup de cœur reste Gili Meno. Tout d’abord, c’est sur cette île où Mathilde m'a appris à faire du snorkeling et où j’ai aperçu des tortues de mer ainsi que des poissons de couleurs de toutes sortes, tous aussi magnifiques. Le sentiment de liberté perdue retrouvée ! Je suis libre comme un poisson dans l’eau. Un calme particulier régnait sur cette île, on s’y sentait en sécurité, et un minimum de service était assuré.





































Et on a fini avec Gili Trawangan. La plus animée mais pas notre préférée.














On est revenu à Bali, à Jimbaran pour mon dernier jour avant mon vol.
Et on a découvert le marché au poisson où on achetait en direct nos poissons et qu'on prenait avec nous pour le faire passer au barbecue en bord de plage. Miam miam. Bon juste quand on imagine le marché qu'on a en France avec celui d'ici, c'est l'opposé. On a même vu un rat. Un énorme rat. C'est Mathilde qui rigolait moins.













Et puis on a trouvé un super salon de massage juste à côté : 2h30 entre gommage, massage, soin du visage et soin cheveux...pour 13 euros. Et en plus d'être adorables, elles étaient hyper professionnelles.

Pour finir, ces vacances se sont transformées en un vrai voyage. J’ai une autre image du monde maintenant. Ca a été dur de sortir de mon petit confort et de me confronter à la vie des locaux. J’ai appris beaucoup en 15 jours. Je remercie ma grande sœur pour ces supers moments ensemble, à rire, à pleurer, à pleurer de rire, à papoter des heures et aussi d’avoir supporter mes sautes d’humeur, mes pétages de cables, de m'avoir aidé à me surpasser dans les situations difficiles, situations qui au final m’ont permis de me confronter à la réalité du terrain. J’ai pu constater l’envers du décor, celui qui est absent sur les cartes postales mais qui s’avère beaucoup plus enrichissant : les rencontres, les saveurs, les galères, la culture.''

Bon allez, c'est pas le tout, mais il est l'heure d'emmener Soline à l'aéroport. Grosses larmes pour toutes les deux et gros calins. Parce que le prochain est pas avant 7 mois....Ah ma petite soeur d'amour.

Le midi même, j'ai refait un saut au marché au poisson et par chance, j'ai revu les 2 adorables enfants de la veille et leur ai offert à chacun une étoile. Parce que oui je voyage avec un grand sachet d'étoiles phosphorecentes. Celles qui m'ont fait révêr pendant des mois au dessus de mon lit parisien, avant de pouvoir voir les étoiles en vrai tout autour du monde. Je n'ai donc pas trouvé meilleur symbole pour offrir aux enfants que je croiserai en route. Parce que maintenant que mes étoiles sont dans les mains d'enfants aux 4 coins du monde, j'espère juste qu'elles leur apporteront tous les rêves qu'ils souhaitent en les regardant avant de s'endormir.




Le soir même, j'ai rejoint Ubud, cette ville de Bali devenue célèbre grâce au livre Mange prie aime d'Elizabeth Gilbert et de son adaptation ciné avec Julia Roberts. C'était un peu comme un pélerinage pour moi cette ville car ce livre m'a accompagné dans un choix difficile il y a 4 ans.



Et l'atmosphère d'Ubud est vraiment spéciale avec une harmonie entre le flot de touristes et les locaux et leur tradition. Et tous les recoins sont arborés et au détour d'une petite cour c'est la quiétude retrouvée.

Et leur thé, même si on en trouve de toutes sortes, il faut demander leur thé au jasmin. À Bandung sur l'île de Java justement, ils plantent le thé vert à côté des fleurs de jasmin ce qui parfume le thé de façon très subtil.
Et il faut savoir que l'Indonésie est tout de même le sixième pays au monde pour l'exportation du thé.





 Et mon hotel Kunyit était juste magnifique, la chambre 3 restera une des plus belle que j'ai eu.



Bien sûr, j'ai été faire un saut à pied à la Monkey forest en bas de la ville. J'étais un peu hésitante au début vu le nombre de singes que j'ai déjà vu ailleurs et les conditions de détention souvent déplorables. Et pourtant, rien de tout ça, les singes sont farceurs et en bonne santé. Faut juste pas avoir peur de se faire grimper dessus.

















Et un jour que je flanais dans la rue principale, j'ai vu une pancarte rizière à 500 mètres. Un peu suspicieuse vu l'agitation de la rue, ma curiosité m'y a emmené. Et là, juste dingue, on arrive au millieu de rizières très belles avec les agriculteurs en activité. J'y étais tellement bien que je suis restée un bon moment les admirer ''surfer''.










D'Ubud, j'ai rejoint Penathan pour faire une expérience qui me taraudait depuis longtemps : une retraite de silence. Oui oui, pas un mot. Pendant 7 jours. Et le réseau et le wifi, n'en parlons pas.
Et j'ai trouvé mon bonheur à l'ashram Bali silent retreat. Leur slogan : ''Eat, sleep, rest. Repeat''. Le pied.
Peu d'endroits offrent ce privilège.
J'ai hésité entre le Népal, l'Inde et Bali pour cette expérience, les 3 pays qui sont vraiment propices pour cela, mais c'est Bali que j'ai choisi au final.
Je n'ai pas voulu aller dans un des nombreux centres d'Ubud mais j'ai choisi d'aller dans la pampa balinaise pour vivre l'expérience en immersion complète.
Et qui plus est, il fonctionne sans profit donc le prix pratiqué est juste incomparable : 25€ la nuit en dortoir et 35€ les 4 cours quotidiens de yoga et méditation, la nourriture et les activités proposées. Soit 60 euros par jour et on choisit le nombre de jours selon l'envie. Comme il faut un temps d'adaptation, au moins 3 jours me semblent le minimum.
Le premier jour, tranquille. Juste le flip pour m'endormir dans mon énorme dortoir vide avec les bruits de la jungle. Car c'est ambiance retour à l'essentiel avec mur en bois, douche face à la jungle et lumière solaire.
Le deuxième jour, levée 5h30 pour les 45 minutes de méditation suivie d'1h30 de yoga doux avec le lever du soleil sous la grande tente en dur semi ouverte. Un régal.
À partir du troisième jour, je commencais à rentrer dans l'ambiance et à me faire à l'idée que je ne connaitrais pas le nom de mes petits camarades. Y en avait de tous les ages et j'ai été étonnée d'y voir autant d'hommes que de femmes. Bien sûr, je n'ai pas pu m'empêcher de leur donner des petits noms : il y avait donc ''Bizarre'' qui soufflait comme un dingue pendant le pranayama et qui adorait mettre son tapis à côté du mien, il y avait aussi ''Aline'' qui ressemblait comme 2 gouttes d'eau à ma cousine éloignée du même nom, il y avait ''Farceur'' avec sa petite tête rigolote. Et des fois, je nous appelais même les hippies parce que c'est quand même assez marrant de nous voir tous en tailleur comme ça avec nos têtes de perché après les méditations.
Un après midi, pendant les sessions yoga et méditation quotidiennes de l'après midi, le prof nous a fait tester la méditation d'amour. Que les esprits mal placés se retiennent, on a pas fini tous tout nus sous la tente. C'était une méditation sur l'amour des êtres chers, de la nature, du vivant. C'est la méditation la plus puissante que j'ai eu. On se sent rempli d'amour à la fin et près à tout redonner. D'ailleurs, à un moment le prof nous a invité à envoyer notre amour à quelqu'un qui en avait particulièrement besoin en ce moment. J'aurai pu penser à ma famille ou mes amis. Mais non. La première chose qui m'est venu en tête, ce sont les amis de mes parents et habitants de mon village qui ont perdus leur fils de mon âge dans un accident de voiture quelques jours plus tôt et qui m'a bouleversé à des milliers de kilomètres. À penser à ce moment où leur vie a basculé quand on leur a annoncé. Ce moment qu'on vit tous tragiquement un jour ou l'autre et qu'on n'oublie jamais. Et vu la bonté de cette famille, c'est bien à eux que j'avais envie de donner cet amour.
Les jours suivants, entre les séances de méditation et yoga où on est libre d'aller ou pas, on avait tous loisirs. Et c'est vraiment super parce qu'on pouvait se balader dans le labyrinthe avec ces cristaux, dans les rizières du village, dans le jardin botanique avec sa balançoire à sensations accrochée aux cocotiers, dans les sources d'eau chaude ou la méditation sous l'eau. Et bien sûr la lecture. Le Zahir et la Riviere pietra de Paulo Coelho m'ont accompagné à merveille dans mon hamac. Et on a même fait un grand feu de bois et une cérémonie pour la pleine lune avec un feu sacré où on était tous ensemble en cercle autour à aller chacun notre tour nous ''purifier'' devant. Énorme.
Et même si on est pas axé sur le yoga ou le reste, juste y venir pour leur nourriture vaut le déplacement. Quand j'y suis arrivée, je blindais mon plateau, à la fin, je remplissais à peine mon assiette. C'est dire pour la morfale que je suis. Parce que leur nourriture est cultivée par eux même, en auto-suffisance, sans produit chimique et le chef cuisiner est juste un Dieu pour les associer. Première fois que je mange une nourriture aussi ''nourrissante''. C'est là que je me suis rendue compte à quel point notre nourriture habituelle est ''vide''.










J'avais déjà eu l'occasion de passer un week end dans un ashram quelques années plus tôt. En France. Et à côté de chez moi en plus, à Neuville aux bois près d'Orléans. Et j'avais adoré. Certes c'était plus soft car on pouvait parler mais le yoga était vraiment intense et je me suis carrément remusclée en un week end sans le vouloir.
Bref, après cette semaine, le retour a été déstabilisant. À la fois, une envie que ça se finisse parceque c'est très dur de lâcher les multi-occupations quotidiennes pour ne rien faire en restant vraiment seul avec soi même et en même temps, une envie d'y rester avant de retourner dans le flots des dizaines de micro-agressions extérieures. J'ai même attendu un peu avant de rallumer mon téléphone pour avoir un sas de décompression.

Le lendemain, direction Amed. Parce que c'est un super endroit pour le snorkelling et la plongée. Faut juste être prêt à entendre parler Français partout. Par chance, j'y ai rencontré un Allemand, Stefen, et ça m'a permis de parler anglais tous les jours. On est partis en scooter sur les diverses plages de sable noir d'Amed avant que je fasse mon baptème de plongée bouteille quelques jours plus tard. Et quel baptème ! Un des rares au monde où on peut aller dans l'épave d'un bateau. J'ai donc découvert l'épave de l'us liberty avec mon moniteur personnel qui m'a fait rentrer dans l'épave, entourée du jardin de corail, des poissons napoléons et tous ces petits copains. Juste grandiose. Ca apprend à se dépasser, à dépasser tous les inconforts de la première plongée  : adaptation à la respiration bouteille sans paniquer, oreilles bouchées toujours plus fort en descendant et tremblements de froids.







J'ai même eu les oreilles bouchées toute la journée. C'était pas plus mal car il y avait une grosse soirée à mon auberge Pacha pour leur 7ème anniversaire le soir même. Après en avoir bien profité, je n'ai eu aucun problème pour m'endormir avec le bruit subsistant. C'est juste Stefen qui a dû me répéter 2 fois les choses toute la journée.



Au réveil, j'ai repris un shuttle bus direction Jimbaran. Et oui, l'heure du vol allait sonner et j'avais une folle envie de me refaire un poisson frais du marché cuit au barbecue avec noix de coco. Bon j'ai encore vu un rat. Autant dire à quel point j'aime ce marché pour y être retourné. Et puis je suis retournée voir nos super masseuses qui m'ont encore accueillie au top. D'ailleurs, je les ai même conseillée à ma coloc de chambre et elle y a été, a adoré et a ramené 2 de ses amis. L'effet bouche à oreille.




Le moment est venu, un dernier Nasi Goreng et c'est parti pour l'aéroport.
J'ai pris un Uber et manque de bol, je suis tombée sur un gros pervers. Il me racontait ses expériences sexuelles pendant le trajet et commencait à me dire que ça l'excitait et qu'il bandait et qu'on pouvait faire un détour par chez lui. Je l'ai calmé direct et ai prié très fort, surtout quand il a été au parking plutôt qu'au dépose minute et j'ai dû lui demander trois fois d'ouvrir la porte avant qu'il le fasse. Une fois sortie, le temps de vérifier qu'il était loin, j'ai enfin pu respirer.
Et oui, c'est aussi ça de voyager seule.

Sur ce, direction la France. Enfin presque. Direction la Nouvelle-Calédonie au beau milieu du Pacifique.
Bye bye l'Asie et merci du fond du coeur pour ces 4 premiers mois que tu m'as offert si généreusement.



Commentaires

  1. Coucou Mathilde,

    Lors de la journée pétanque, Soline m'avait déjà bien relaté son voyage et j'attendais avec impatience le récit de ta retraite et les photos indonésiennes. Comme d'habitude je me suis régalée de tes commentaires. A la prochaine… Bisous et continue à prendre soin de toi

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