Un thé en Italie - Rome, Naples, Pompéi, Ischia, Florence, Bologne, Venise et Gênes

La cerise sur mon gâteau. La dernière étape de mon tour du monde.
Après 7 pays d'Asie, 2 pays d'Océanie, 3 pays d'Amérique et 2 pays d'Afrique, l'Europe m'attendait.
Je ne voulais choisir qu'un seul pays de part la proximité géographique avec la France.
Dur fut le choix tout autant qu'évident car j'en rêvais la nuit en Ethiopie : de la mozzarella au coeur fondant et du foie de veau. L'Italie m'appelait du fond du coeur. On ne se refait pas.

Après 14 cultures alimentaires différentes au cours de la dernière année, plus ou moins bonnes et plus ou moins variées, j'étais juste en manque de gastronomie dont je suis complétement addict.
Un aller simple au paradis de la bonne bouffe merci.
Avec des spécialités dans chaque région. Spécialités locales typiques qu'on ne retrouve pas ou peu dans une autre région du pays. Une vraie mosaïque de saveurs en Italie.

C'est parti mon kiki, Bibi est prêt à se faire péter le bide chaque jour de ce mois au rythme de la dolce vita italienne.

Avec le volcan Vésuve derrière moi et au coeur de l'ancienne ville de Pompéi figée il y a 2000 ans par l'éruption et conservée comme à l'époque, oui je suis de retour en Europe.
Et en me levant aux aurores, j'ai eu la chance d'éviter les touristes. Miraculeux.

De mon vol d'Addis Abeba pour Rome, j'ai fait escale à Dubaï pour la 2ème fois de mon voyage. Ayant une longue escale de nuit, j'ai été prendre la température de la ville by night.
À la sortie de leur métro, premières impressions : couloirs interminables et agression olfactive de parfums dans tous les sens. J'ai réussi à mettre un pied dehors pour humer l'air frais et contempler les grattes-ciels dont ils sont si fiers. Oui c'est à voir juste pour faire honneur à ces miliards dépensés mais rien de plus si on n'aime pas le bling bling.

Le lendemain matin, me voilà à débarquer en Europe, pleine d'émotions mitigées entre excitation et interrogation. Car depuis que l'Europe existe, on se sent Européens, presque plus que Français en voyage, et c'est comme si je rentrais déjà à la maison.
Je l'ai d'ailleurs bien constaté pour sortir de l'aéroport de Rome, par la ligne passeport européen où j'ai juste passé mon passeport sur une borne automatique et les portes se sont ouvertes. Rien de plus. Euh c'est tout là ? Impressionnée et perturbée par si peu de contrôle, me voilà arrivée en Europe.

J'ai récupéré un bus pour m'amener dans le centre de Rome à côté de la gare où j'avais réservé une chambre seulement pour ma première nuit. 
La très grande majorité des auberges sont dans le quartier gare, plutôt sympa pour un quartier gare d'ailleurs, ce qui est bien pratique.
Et là, la réadaptation a commencé : des prix qui flambent et pas de dortoir à moins de 20 euros, des places vites pleines freinant les possibilités de réservations au jour le jour et necéssitant donc de changer d'auberges fréquemment et des jeunes d'une vingtaine d'années à profusion.
Et oui, je faisais toujours mon baluchon pour un week-end en Europe aussi quand j'étais étudiante : on a la chance de pouvoir voyager librement, ce n'est pas loin pour quelques jours et le vol ne coûte pas trop cher.
J'avais d'ailleurs déjà eu l'occasion de découvrir Pise en Italie par le passé. Et heureusement que je n'étais pas restée sur cet aperçu plutôt fade de l'Italie.
Bref, c'était donc assez surprenant de revenir si près et de constater ces choses auxquelles je ne faisais même plus attention avant.

Et une autre chose que j'avais oublié et qui m'a choquée quand je suis sortie dans Rome : le nombre de fumeurs et toutes les odeurs de parfum. J'ai ressenti ça comme des agressions chimiques de partout.
Sans compter sur la reconnexion internet 4G permanente, sans contrainte et sans décalage horaire. Vraiment étranges comme sensations.
Et puis j'ai dû ressortir ma grosse doudoune du fond de mon sac pour affronter l'hiver en Europe après mes coups de soleil d'Afrique.

Ces sensations déroutantes ont vite été remplacées par une boulimie visuelle et sensorielle.
C'est comme ça que je peux décrire Rome. 
Déjà que l'Europe est d'une richesse architecturale et historique inégalée, Rome en est la reine. Des beautés de partout. Un véritable musée à ciel ouvert, c'est bien vrai.
Comme l'impression d'être de retour dans l'Antiquité 2000 ans plus tôt.
Du majestueux Colisée, en passant par les forums romain, d'Auguste, de César, de la place d'Espagne à la villa Borghèse ou encore le Vatican, c'est indécent de splendeurs.
Sans oublier le quartier intimiste de Trastevere et ses trattorias ou le château Saint Angelo, la place Di populo ou la place Navona.
Et puis toutes ses magnifiques fontaines pour lesquelle Rome est si célèbre.

Ce titan architectural : le Colisée

L'impressionnant forum romain








Colisée dans les nuages. Force et douceur.




Colisée. Du point de vue de l'empereur.

Allez une photo de touriste




La fontaine de Trévi captivante

La luminosité atypique de la place aux 4 fontaines

Coucher de soleil dans l'immense parc de la villa Borghèse

Captivée sans cesse par cette statue du parc de la villa Borghèse


Le Panthéon romain. Puissant.


Le Panthéon de nuit. Autre atmosphère.




La fontaine aux 4 fleuves de l'éclatante place Navona

Le château Saint Angelo sur le chemin du Vatican

Place di Populo


Au coeur de Rome. De jour.

Au coeur de Rome. De nuit.


Le Panthéon vu de l'intérieur.

Vue sur la coline du Palatin depuis le belvédère Romulus er Rémus








Autre chose que j'ai apprécié au retour en Europe : les visites guidées gratuites organisées dans chaque ville avec pourboires libres.
À Rome, c'est à 10h et 16h chaque jour au départ de la place d'Espagne sous la colonne de l'Immaculée conception. Et c'est génial pour ceux qui n'y passent que peu de temps ou pour ceux qui veulent découvrir les endroits cachés et demander des conseils sur les bonnes adresses aux locaux qui les organisent.

Et puis ma mission 1 jour 1 restaurant 1 spécialité régionale, sans AUCUNE exception, commença. Pendant 1 mois complet. J'ai honte. Mais Dieu que c'était bon : du filet de veau en sauce, en passant par l'original pizza margherita, la mozzarella fraîche, du foie de veau à la polenta, du pesto, des frittatina, des pâtes fraîches, de l'artichaut romain, des cannollis, des tripes, de l'intestin de boeuf persillé, des sgogliatelles, du baba au rhum, de la gelato,... Bref, j'en bave encore.









































Une fois pleinement gavée de Rome, direction Naples, la sulfureuse.
Entre le quartier historique de Naples avec la via dei Tribunali et son ambiance napolitaine typique, son Duomo (cathédrale) splendide, son cloître Santa Chiara ou l'eglise Gesu Nuovo parmi les centaines d'églises de Naples, il y a de quoi en perdre son latin. J'en ai aussi profité pour joindre un groupe et découvrir le Naples souterrain.




















Et là, quelque chose m'est revenue de plein fouet : cette envie frustrante de tout découvrir en sachant pertinemment que c'est impossible et cette sorte de compétition dans le ''et toi tu as fais quoi aujourd'hui" qui est juste aux antipodes de ce que j'ai appris au cours des milliers de kilomètres que j'ai parcouru et qui m'ont offert tant de surprises.
On a rarement eu une expérience authentique de la vie locale au Colisée ou à la Tour Eiffel.
C'est dingue comme quoi la culture européenne permet ces dérives de ''toujours plus'' dans tous les domaines et cette frustration de soif de découverte jamais inassouvie encore plus qu'ailleurs du fait de la richesse du patrimoine culturel.

Un soir comme un autre à Naples, je me suis à nouveau retrouvée avec 2 jeunes filles aux prémices de leur vingtaine et on a partagé nos expériences desagréables et caucases de voyage.
Et on en est venu au sujet du Couchsurfing. Cette application mobile qui met en relation des personnes à travers le monde avec des hôtes qui ouvrent leurs portes à des voyageurs recherchant un toit gratuitement pour quelques nuits.
Jusqu'ici, je n'en ai pas eu l'utilité par rapport aux choix de voyage que j'ai fait, à sa pratique plus ou moins répandue sur chaque continent et au coût dérisoire des hébergements en Asie et Amerique du sud par exemple.
En revanche, en Europe, le contexte s'y prêtait plutôt bien aux vues du coût élevé d'un simple lit en dortoir et surtout de la connaissance de cette pratique par de plus en plus d'Européens.
C'est sûr qu'en Afrique, ça reste plus limité et essentiellement connu au sein des élites ayant accès à Internet et qui voudront vous faire découvrir les choses de leur vie comme les Occidentaux et pas forcément la vie traditionnelle du village.

Du coup, j'ai commencé à envoyer mes demandes Couchsurfing pour une ville suivante, Bologne, à plusieurs hôtes en filtrant avec leur date de dernière connexion, leur taux de réponse et surtout que ce soit des filles.
Les réponses sont arrivées entre 2h et 3 jours. Pour la plupart négatives pour des raisons de non disponibilité des hôtes.
Voilà pourquoi cette application a ses limites pour des voyageurs au jour le jour.
L'instantanéité de Booking.com n'a rien à voir avec Couchsurfing où le rapport humain est remis au centre de la relation à la place de l'aspect pécunier qui donne au voyageur de plus fortes exigences de services.

Et à Naples, je me suis laissée portée par l'énergie de la ville et de son emplacement idéal pour découvrir la région. Entre la baie de Naples pour se balader au coucher du soleil, le panorama sur Naples depuis le chateau Nuovo pour redescendre par le quartier espagnol et la place du Plébiscite, il y a de quoi passer du bon temps.

Mais le mieux c'est la pizza. Et oui, déjà que l'Italie est la patronne de la pizza et sachant que la pizza est originaire de Naples, ici, s'il y a une chose à manger, c'est bien une vraie pizza napolitaine. Appelée napolitaine comme nature de pizza à tort en France, c'est plutôt une appelation désignant le style napolitain avec uniquement 2 types de pizza : margherita ou marinara. Bref, the place to be pour la pizza c'est ici. Et pour ceux qui ont lu Mange, prie, aime, c'est à l'authentique pizzeria des locaux, l'Antica pizzeria da michele, au bout du quartier historique et à 2 pas de la gare, qu'il faut aller. En étant patient. Mais pour manger à 5 euros une pizza énorme, avec une pâte fine et magnifiquement souple, remplie de vraie sauce tomate avec un goût de soleil et de la mozzarella si fondante, ca ferait presque oublier père et mère.






J'ai aussi testé la pizzeria Sorbillo et la pizzeria del presidente, toutes deux via dei Tribunali dans le coeur historique. Ma préférence va à Sorbillo qui a un choix plus vaste et divinement bon. Et avec la musique classique en fond, ça décuple le paradis sensoriel.



J'ai tout de même réussi à sortir de mon addiction pizzas pour aller à Pompéi, en prenant le métro circulaire Circumvesuviana sous la gare centrale de Naples, avec un ticket à moins de 3 euros pour 30 minutes de train direct.
En descendant à la station Pompéi scavi, il faut juste être vigilant aux arnaques avec les vendeurs qui vous cueillent à la sortie du métro pour vous vendre les tickets plus chers.
À 100 mètres sur la droite, en face d'un restaurant, il y a l'entrée officielle de Porta Marina. Les tickets sont à prendre à l'intérieur : 11 euros l'entré.
Et au point information accolé, il y a des guides papiers rouges gratuits pour pouvoir visiter le site, enfin surtout pour s'y orienter et avoir 2/3 infos sur les maisons plus que pour comprendre l'histoire vivante du site.
Si vous n'arrivez pas à l'ouverture à 9h pour éviter d'être envahi de groupes, il y a aussi 2 autres entrées en contournant l'entrée officielle par la droite et qui permettent d'arriver en haut du site pour le redescendre si vous voulez éviter un peu le flot de touristes de fin de matinée. Le milieu d'après midi est bien aussi pour visiter avec moins de monde mais ça vous laissera peut être à peine assez de temps sur place car le site est très grand.
Et pour Pompéi, je voulais aussi prendre un guide, un vrai, car pour faire parler les vieilles pierres, c'est toujours délicat et on loupe beaucoup trop de choses sans guide humain dans ce contexte.
J'y ai rencontré des Suisses et un Canadien et j'ai même essayé de ramener d'autres gens pour nous faire le tarif moins cher. Car le tarif est fixe à 100 euros et il est à diviser selon le nombre de personnes. Comme on n'était que 4, j'essayais de faire monter le groupe à 6. Mais visiblement beaucoup n'ont que faire de visiter un site archéologique si passionnant de 66 hectares sans explications.
Et les audioguides sont certes moins chers mais de piètre qualité selon les avis recueillis. Mieux vaut donc mettre quelques euros de plus ou ne rien prendre d'autre que le guide papier à l'entrée.
Parce que même en m'étant replongée dans l'histoire extraordinaire de Pompéi la veille, je serai passée à côté de tous les détails que notre super guide nous a donné.
Et comme je suis arrivée à l'ouverture à 9h pour ne pas être entourée de foule, j'ai eu le droit à des zones de Pompéi sans un touriste. Magique.
Revenir 2000 ans en arrière dans une énorme ville romaine figée entièrement pendant des milliers d'années dans son état d'origine sur l'instant par les cendres de l'éruption du Vésuve qui, dans son drame meurtrier faisant s'eteindre toute une ville à jamais en quelques heures, a laissé un lieu saisissant de beauté pour toutes les générations futures. Un mal pour un bien ?
La visite a duré 2h avec notre guide au top et j'ai fini le reste de la journée avec mon nouveau copain canadien et notre guide papier à arpenter le grand théâtre, la maison du faune, le jardin des innocents avec les cadavres figés, le temple d'apollon, les thermes, l'amphithéatre,...
Bref, une journée entière à Pompéi est à peine suffisante pour la savourer pleineme't et on finit rincé.
Et les baskets sont plus que conseillées car on est toujours sur des rues en pierres qui tordent la cheville sans cesse.

























Et avec une pause d'une journée entre Pompéi et Ercolano, ces 2 sites archéologiques majeurs de l'éruption du Vésuve, j'ai été arpenter la ville de Naples plus en profondeur avec les catacombes du cimetière delle fontanelle où tous les corps balancés en fosse commune après l'épidémie de peste ont pu avoir un sanctuaire de recueillement pour les ossements par milliers.
Et bien sûr, avec une ballade à me perdre dans les rues napolitaines, tortueuses, bruyantes et parfois mafieuses. En ayant fini trempée jusqu'à l'os, ca n'aurait pas été drôle sinon.






Du coup, ce n'est pas le même jour que Pompéi mais 2 jours après, où j'ai été sur le site d'Ercolano, aussi appelé Herculaneum, à quelques stations avant Pompéi, beaucoup plus petit mais mieux conservé.
Une matinée y est amplement suffisante.
Et elle est tout de même différente de Pompéi donc ça ne fait pas vraiment redondance mais plutôt complémentarité.
Et pour ceux qui ne veulent pas entrer à l'intérieur, il y a tout de même un point de vue en hauteur de tout le site juste en passant le porche et la billetterie est bien plus loin au bout du belvédère.

Ercolano

















J'ai hésité à la coupler avec une balade au cratère du Vésuve. Mais j'ai changé d'avis quand j'ai vu que l'ascencion ne durait que quelques minutes. Car l'effet spectaculaire est minime si l'accès y est si aisé évidemment.
Et oui, le Vésuve est bien un volcan actif mais à part quelques fumeroles légères observées de loin dans le cratère, n'imaginez pas voir de la lave. Plutôt des vendeurs ambulants au sommet.
Du coup, comme c'était sur la même ligne de train qu'Ercolano, je l'ai couplé avec une ballade buccolique à Sorrento l'après midi, à flanc de falaises calcaires. Très joli et très hupé. Parfait pour les plus riches qui veulent avoir du calme en dehors de l'effervescence de Naples.
Et on y trouve tellement de citronniers que la spécialité locale de Sorrento est justement le limoncello, cette boisson alcolisée au citron délicieuse.

Sorrento










Les jours suivants, j'ai voulu me mettre au vert et ai pris un ferry direct pour aller respirer la tranquillité sur une des îles de la baie de Naples, l'île d'Ischia. 
Entre l'île de Capri la très/trop célèbre, l'île de Procida l'intimiste, ou l'île thermale d'Ischia, j'ai retenue Ischia, reputée pour son activité volcanique, qui dispose donc de bains thermaux exploités principalement dans des complexes hoteliers dans une ambiance antique. Majestueux.
Et pour 25 euros la journée compléte sans limitation de durée dans le décor des thermes de Manzi, c'est le pied.
Et pour l'aspect nature, il y a par exemple la plage de la sublime baie de Sant Angelo avec son sable chaud grâce aux poches de magma situées en dessous.
Prendre un bain de soleil avec le dos réchauffé naturellement sur le sable en plein hiver ? Adjugé.
Et puis, un tour de l'île en bus local pour y aller et pour ressentir l'atmosphère insulaire, ca reste appréciable quand on en a plein les pattes.
Et j'ai volontairement pris mon hôtel dans le quartier Ischia près du port pour toutes les commodités, le château accessible à pied et l'accès facile au réseau complet de bus à défaut de voiture.

Coucher de soleil sur Ischia

Les thermes de l'hotel Manzi dans le quartier de Bagni. Splendide.






Après ces quelques jours au calme, retour sur la terre ferme avec une dernière nuit à Naples avant mon bus du lendemain direction Florence.
Et j'ai sympathisé de mon lit avec 2 nanas partageant mon dortoir.
Et au passage, en allant récupérer mon dernier dîner napolitain, 2 énormes pizzas de l'Antica pizzeria da michele évidemment, j'en ai profité pour leur faire découvrir le délice de cette pizzeria en leur faisant tourner les parts de pizzas dans la chambre. De la véritable pizza napolitaine au lit. Le kiffe.

Le lendemain, à nouveau à bord de mon bus Flixbus, mon unique, très pratique et économique mode de transport en Europe, connnecté wifi, prises éléctriques et toilettes grand luxe, nous voici sur l'autoroute. Une vraie. Pas l'autoroute éthiopienne.

Arrivée à Florence, mes attentes étaient au maximum tellement on m'avait vanté la beauté de cette ville. J'ai fini déçu évidemment.
Non pas que Florence soit moche, il ne faut pas non plus abuser, mais après Rome, le niveau était élevé.
Ce que j'ai surtout apprécié, c'est que ce n'est pas seulement un changement géographique mais c'est aussi un voyage temporel : à Rome, on est dans l'Antiquité à s'imaginer en toge pour aller à un spectacle de gladiateurs tandis qu'à Florence, on est dans la Renaissance à s'imaginer en robe de bal pour aller à une soirée organisée par la famille la plus puissante, la famille De Médicis.
Sans faire exprès, le premier soir, en cherchant le restaurant sur lequel j'allais jeter mon dévolu, je me suis retrouvée face à la cathédrale. Ça impressionne quand on tombe dessus au coin d'une rue. Son architecture en pierres de couleur pastel est juste très belle.
Même en y passant devant chaque jour de part sa position centrale, on reste captivé.











Le lendemain, je me suis bien sûr encore joint à un groupe de tour gratuit de la ville où j'ai sympatisé avec Kevin, un australien d'origine coréenne. De 21 ans. Décidément.
On s'est ensuite revu un peu chaque jour pour découvrir Florence ensemble, entre la place Michel Angelo en hauteur avec son très beau panorama sur la ville, le pont à arcades Ponte vecchio emblématique de Florence, le musée Gallerie degli Ufizzi captivant, l'intérieur de la cathédrale et bien sûr les spécialités culinaires de la ville. Ici c'est tripes en sauce. Gloups. C'est pas ça qui va m'arréter, ça a été mon repas le premier soir. Un peu élastique mais ça passe.
Je les ai donc fait découvrir à Kévin ensuite en allant manger sur le pouce au marché local où on a partagé notre table avec des locaux qui nous ont fait goûter à leurs plats aussi. Hyper convivial ce déjeuner.
C'est d'ailleurs comme cela que j'ai découvert leur surprenant intestin de boeuf au beurre persillé.
Et oui, Florence, c'est abats, abats, abats. Avis aux amateurs.
Et pour une pause entre tripes et intestins, on est partis se faire péter le bide à l'All antico vinaio où ils font des sandwichs à 5 euros avec des produits frais devant vous à tomber. Comme de la crème de truffe et de la mozzarella entre les tranches de jambon sec local. La file d'attente avance vite, heureusement. Et puis pour 2 euros de plus, il y a vin à volonté. Pas un Pomerol mais quand même, le concept est sympa. Que demande le peuple.

Ici ce n'est pas le pont d'Avignon mais le ponte Vecchio la star

Et David, ça roule ?

Ca plane pour toi le père David



Une partie de foot d'antan ca vous tente ?

Quand les badauds affrontent les sauts dans la bouillasse du foot d'antan même sous la pluie



Défilé de marbre...Beautés beautés beautés







Hermaphrodite vous avez dit ?






















Mais David t'es partout à Florence dis donc ! Dieu du ciel ou presque ? 






  
Après le romantisme de Florence, que je trouve assez similaire à Paris pour la construction de la ville, j'ai repris mon bus Flixbus. Direction Bologne.
Sur Couchsurfing, j'avais finalement eu une réponse favorable de Chiara, une étudiante locale, et une invitation d'un autre local, Daniel, pour prendre un thé.
L'accueil de Chiara était top et on a pas mal échangé sur ses motivations à être sur Couchsurfing. Et bien du coup, elle m'a dit que ça lui permettait de parler anglais, de rencontrer des gens de partout dans le monde sans bouger de chez elle et d'être invitée en retour et d'enlever le rapport pécunier qui transforme le rapport humain de générosité en rapport de services. Et oui, parce que même si j'ai dormi dans un lit avec un trou si profond que j'ai dû le combler avec mes vêtements dans sa chambre d'étudiante en sortie de partiels version bordel, je m'en foutais car elle m'offrait généreusement un lit, son temps et même sa nourriture.

Bien entendu, comme le principe n'est pas d'abuser de la générosité de l'hôte, la génerosité du voyageur est toute aussi importante. Je lui ai donc naturellement ramené un petit cadeau de Florence, du thé, des échanges de bons plans voyages sur Berlin où elle allait quelques jours plus tard et où j'avais été avant mon tour du monde.
Alors certes on ne dépense pas d'argent pour le logement mais on veut faire plaisir à son hôte donc on se retrouve presque kiffe kiffe niveau dépense. C'est donc plus pour rencontrer des locaux que pour économiser de l'argent.
Et puis c'est aussi là que je me suis rendue compte à quel point c'était crevant d'être hebergé chez quelqu'un plus qu'en auberge. Car ça implique aussi de donner de son temps à l'hôte même si on est KO de ses heures de marche et de ne pas arriver en mode ermite, prendre une douche et partir au lit comme c'est possible en auberge les soirs de fatigue.
Avec Chiara, c'était donc la découverte des aspects ludiques de cette appli.

Bien entendu, j'ai aussi découvert l'aspect opposé.
Un local m'avait proposé de me donner des bons plans sur la ville et sur le Nord de l'Italie autour d'un thé. Sympa. Et en plus il avait une photo avec sa petite copine sur son profil. Parfait. Pas encore un gros lourd qui a pris Couchsurfing pour Tinder et qui t'envoie des propositions pour partager son lit plus que sa générosité.
Me voilà donc dans le bus de ville de fin de journée, à la nuit tombée par temps de pluie, pour le retrouver au point de rdv. Et bien, la surprise était de taille.
Il s'avérait qu'il avait un bec de lièvre tellement énorme que je comprenais seulement un mot sur 10 de son anglais. Horrible. Comment je vais pouvoir communiquer avec lui sans lui rappeler qu'il a un handicap.
J'en souriais toute seule de me dire que là, j'avais chopé le gros lot.
Par chance, un de ses collègues nous a rejoint et on a réussi à communiquer et au fur et à mesure, je déchiffrais un petit peu ce qu'il me disait. Mais je restais énervée contre lui de ne pas avoir mis de photo honnête sur son profil. Un handicap n'est pas un obstacle, le manque d'honnéteté en se retrouvant pris au piège si.
Quoi qu'il en soit, il avait développé de fait une forte gentillesse et je le ressentais. Entre lui et son copain, on a beaucoup échangé sur leur ville et les voyages et évidemment la spécialité locale : la sauce bolognaise.
Comme ils m'ont indiqué un nom de resto, je leur ai proposé qu'on aille manger ensemble. Et là, son copain qui répond qu'il est déjà invité par ailleurs.
Alors là, je me suis mise dans la merde.
Dîner en tête à tête face à lui sans comprendre grand chose de ce qu'il me raconte. Avec les gens qui nous regardent autour en se demandant la génèse de ce dîner romantique. Sympa l'histoire.
Et ce ne fut pas le pire.
Et oui, parce que dans mon délicieux plat de pâtes bolognaise, il a éjecté un bout de ses pâtes mastiquées à travers son appareil dentaire. En plein milieu des miennes. Chanceuse jusqu'au bout ce soir là.
Ce qui s'est passé dans ma tête à ce moment : Mathilde t'as survécu en Ethiopie, allez tu peux le faire. Oui j'ai tout mangé. Oui oui.

L'objet du crime

Je suis rentrée ensuite chez Chiara qui m'avait déposé les clés à la sortie du resto.
Le lendemain, elle rigolait encore en me disant que j'avais rencontré le plus bel italien possible. No comment.
Du coup, je suis partie visiter Bologne, qui, même par temps gris, était très agréable avec ses arcades partout qui donnent un charme fou à la ville, son université qui est la plus ancienne d'Europe et qui donne un dynamisme étudiant à la ville et aussi ses petites rues cachées et ses fenêtres secrètes donnant sur le canal. Comme un parfum de Venise à Bologne.
Et aussi ses tours inclinées plus que la tour de Pise, sa statue de Poséidon dont son ombre se reflète sur la place centrale.
Et la spécialité locale de Bologne, après la superstar pasta al ragu (les pâtes sauce bolo quoi), ce sont les piadinas, ces petits sandwichs de pâte fine avec différents assortiments dedans. 


Poséidon de nuit



Poséidon de jour. Avec ses femmes un brin provocantes à la base.

Basilique San petronio


Piadinas

Arcades de Bologne

Un volet secret sur le canal. Original.

Un thé évidemment. Dans un petit salon de thé caché. Encore mieux.



J'en penche pour toi

Ensuite, je voulais me diriger plus au Nord de l'Italie et j'hésitais entre Vérone, Padoue et Vicenze.
Mes requêtes publiques sur Couchsurfing n'ayant abouties que sur des réponses d'hommes, pas forcément pures, j'ai finalement opté pour Venise avec un choix d'hébergements plus vastes et plus abordables.
Et pourtant j'avais exclu Venise car j'imaginais que ce serait bizarre d'être en solo dans la ville des amoureux par excellence.
Mais mon coeur a balancé pour une autre raison : après mes demandes incessantes restées vaines auprès des locaux depuis Rome pour manger du foie de veau, ils m'ont tous répondu que le seul endroit en Italie où le foie de veau se mange partout car c'est la spécialité locale, c'est bien Venise.
Donc pour Mathilde, Venise, ce n'est pas pour un tour de gondole mais pour du fegato di vitello. Un autre rêve fait en Ethiopie devenu réalité, check.
Pour mon premier soir à Venise, vous imaginez donc bien avec quoi je me suis fait un tête à tête torride.



Et je n'ai vraiment eu aucun regret d'avoir opté pour Venise.
Encore une fois, l'endroit où j'étais un peu rebutée d'aller s'est retrouvé un coup de coeur. J'ai même allongé mon séjour tellement j'adorais l'ambiance de Venise.
Belle, atypique, calme et extrêmement sécuritaire.
Comme une impression qu'un homme masqué va surgir au coin d'une petite ruelle pour vous embarquer dans les souterrains du palais des Doges.
L'imagination bat son plein à Venise.

En revanche, pour les couples, bizarrement, je trouve que ça manque un peu d'intimité. Les restaurants sont extrèmement chers et bondés, les gondoles sont à 80 euros pour se retrouver entouré de dizaines d'autres sans oublier les autres touristes sur les ponts qui vous mitraillent avec leurs appareils photo.
Je n'imaginais pas le romantisme de cette façon.
Outre ce point là, se ballader la nuit dans les quartiers, en quittant l'avenue principale circulaire, c'est inoubliable.

Et se reveiller au petit matin avec un grand soleil et Venise sous la neige. Waouh.
Mon quartier préféré reste celui de Cannaregio, l'ancien quartier juif car la disposition des ruelles est spécifique en longeant les canaux, il est proche de la gare et à équidistance des grands ponts et la rue della Misericordia est particulièrement chaleureuse le soir.

Il y a aussi une auberge de jeunesse non loin, la Casa fiori, à un tarif hyper abordable pour Venise.
Une autre auberge était moins chère mais elle se situait sur l'île de Giudecca en face sans accès par pont et il fallait donc prendre le bateau en permanence pour rejoindre le coeur de Venise.
Sachant que le forfait du bateau bus Vaporetto, bien différent de la gondole touristique, pour 24h est à 20 euros, ça calme.
Du coup, c'est plus judicieux et plus économique de se trouver un hébergement au coeur de Venise sur l'île centrale, dans le quartier Cannaregio, Santa Croce ou San polo. Et je déconseille le quartier San Marco qui reste loin de la gare à pied et hyper touristique et aussi Castello, à moins d'aimer marcher beaucoup et de vouloir beaucoup de calme.

Autre point : je me demandais comment j'allais me déplacer à Venise.
Je ne sais pas pourquoi, j'imaginais qu'il faudrait que je prenne le bateau tout le temps car j'imaginais que toutes les portes donnaient sur l'eau et qu'il n'y avait rien pour marcher. Heureusement si.
Il faut juste savoir que les grands ponts entre les quartiers ne sont pas très nombreux et qu'il faut marcher pas mal. Heureusement il y a une avenue principale circulaire qui fait le tour des quartiers et qui permet de rejoindre les grandes zones de Venise plutôt rapidement. Et puis ils ont installés de jolis panneaux pour indiquer la direction partout sur l'avenue pour éviter de se perdre tout le temps et d'avoir les yeux rivés sur son téléphonte plutôt que sur le charme de la ville.
Car Venise regorge de ruelles longeant et enjambeant les canaux avec ses jolis petits ponts de partout entre les grands ponts. Et comme tout est piéton, aucune voiture ne circule et c'est très calme. Et aussi très perturbant au retour quand on revoit les voitures dont on avait oublié l'existence après toute cette marche dans Venise.



Oh une gondole

L'Arsenal



Les lions de l'Arsenal

Architecture typique de Venise. Et le contraste du couple y mangeant devant sa pizza au sol.



Le pont des soupirs de Venise. Ou l'autoroute des gondoles. Flippant ou beau ?


Viens, on va se perdre dans les ruelles






Marché sur bateau. Stylé.





Le célèbre pont du Rialto au coucher du soleil

Le calme de Venise de nuit



Quand Venise est sous la neige au petit matin, la magie du réveil est décuplée

















Ca coule de chocolat dis donc

Les panneaux indicatifs de Venise pour toujours se repérer




Après Venise, j'ai resauté dans un Flixbus pour plusieurs heures pour rejoindre Gênes, mon dernier stop avant de passer la frontière française. Et oui, hors de question que je prenne l'avion en Europe, je voulais rejoindre ma Beauce natale par voie terrestre uniquement.

Arrivant à Gênes à 22h, j'avais prévu de prendre le métro pour rejoindre mon auberge. Sauf que le métro était fermé. Étrange. J'apprendrai plus tard que le métro ici ferme à 21h, à l'heure des poules. Du coup, j'ai marché jusqu'à mon auberge. Et bien, je n'étais pas rassurée, même moins qu'en Ethiopie, car mon gps me faisait passer dans des petites ruelles peu éclairées fréquentées uniquement par des dealers et autres enfants de coeur à cette heure tardive. Bye bye Venise et ses ruelles ultra safe.
Malgrè la neige et tous mes kilos sur le dos, je traçais à la vitesse de l'éclair.
Le lendemain, la découverte de jour était plus agréable.


Cathédrale de Gênes

On reste dans les tons de la cathédrale de Florence





Pas mal le jeu de mots



Surtout quand j'ai fini au restaurant.
À tomber par terre et hyper bon marché. Entre tartare de thon, ravioles à l'artichaut dans sa crème de cèpes et tarte à la pistache.
La carte me faisant encore envie en partant, j'ai demandé leurs heures d'ouverture pour le déjeuner le lendemain.
Et le jour suivant, je suis revenue, j'ai vu et j'ai vaincu la spécialité de Gênes : le pesto. Des trofie al pesto exactement. Simples mais tellement bons.
Et un tiramisu en dessert. Le meilleur de toute ma vie. De la folie.
Juste pour la nourriture de ce restaurant et malgré la forte délinquance, je voudrais revenir à Gênes.







Et s'il y a bien une chose que je trouve fabuleuse en Italie et qu'on a trop perdu en France, c'est la culture culinaire de traiteur et marché.
Ici ils sont très attachés à fournir de la bonne nourriture et il y a donc des petites échopes de produits frais de qualité partout en Italie.
Comment je vais remanger des yaourts/jambons/fromages/tomates/... industriels du Leclerc après ça ?

L'artichaut en Italie c'est la base de toutes échope qui se respecte 

Voilà, j'allais quitter l'Italie.
J'avais mon bus le lendemain pour Nice.
Retour en France, ça y est.

Et là Facebook, dans sa grande intelligence, m'a indiqué lesquels de mes amis avaient été à Nice. Et bien merci Fb car j'ai vu que Pauline y était.
Oui oui, ma petite étudiante en médecine de 20 ans rencontrée au Népal pour ceux qui m'ont suivi depuis le début.
Du coup, ni une ni deux, je lui ai écrit pour savoir si elle etait à Nice ce week-end là. Et elle y était.
Me voilà donc le lendemain à la retrouver, toutes deux super émues. Du Népal à Nice. Ou comment faire durer des rencontres de voyages qui sont pourtant si difficiles à entretenir.
On a passé tout le week-end ensemble à papoter et découvrir Nice et sa promenade des anglais, ses chaises bleues cultes, son carnaval, son point de vue, sa côte,...

Pauline et Mathilde, acte 2. Du Népal à Nice.



Vous prendrez bien une petite chaise bleue ?

Nice en février

Pissaladière niçoise. Miam miam.

Et pendant le dernier week-end du célèbre carnaval de Nice s'il vous plaît


Et aussi la ville de Grasse. Mon obsession depuis que j'ai lu un de mes romans cultes : Le parfum.












Et comme le hasard reste une belle énigme, le premier soir de mon retour, en allant au restaurant avec Pauline, en posant mon blouson, je croise le regard d'une jeune femme blonde juste derrière nous.
Je m'interroge brièvement sur un déjà-vu et me dit que ce n'est pas possible car elle habite Paris et que ce n'est pas parce que je viens de revenir en France que je dois avoir l'impression de voir des gens que j'ai rencontré.
Ce soir là, Coralie m'a ensuite écrit sur Instagram pour me dire qu'elle avait vu une fille qui me ressemblait étrangement à Nice mais que c'était impossible car elle me pensait encore en Ethiopie.
Et bien, tenez vous bien, c'était bien Coralie au restaurant, cette amie de mon amie Florence, que j'avais rencontré une fois à Paris pour qu'elle me donne tous ses conseils sur son tour du monde en solo qu'elle avait fini quelques mois auparavant.
La probabilité que je mange à Nice à la table juste derrière celle qui m'a inspiré mon tour du monde le jour même où je franchi la frontière française ? Dingue.
Comme un magnifique signe du destin : elle était là avant mon tour du monde, elle est là après à nouveau, juste à mon retour.

Et le lendemain, les parents de Pauline m'ont invité à déjeuner.
C'était très émouvant : j'ai retrouvé la langue française partout autour de moi, ils m'ont accueilli dans leur maison chaleureuse, ont sorti le champagne et avaient cuisiné un filet mignon exquis en me remerciant d'avoir été là pour leur fille au Népal. La douceur française que j'avais oublié.

J'ai ensuite repris ma remontée vers ma maison avec une autre escale à Aix, dans ma famille chez Cécile, Stéphane et leurs garçons à Saint Maximin la Sainte Beaume.
Au-delà d'être un lieu de pélerinage incontournable avec une basilique superbe et des montagnes avec églises troglodithes, j'ai pu découvrir leur superbe maison nichée dans la vallée et goûter leur whisky et vins dont ils sont passionnés.
Les soirées à la française à parler des heures librement de tous sujets autour de grands crus. Un plaisir simple dont j'avais aussi oublié le goût.



Basilique de Saint Maximin. Gigantesque.



Mathilde sur la croix

L'atmosphère troglodithe pour une église

Enfin, je suis encore un peu plus remontée et ai fait mon dernier stop à Lyon. Et là encore, j'ai crée les retrouvailles avec Cécile.
Vous vous souvenez en Mongolie quand on a fêté son anniversaire avec le gâteau que je lui avais acheté avec Chris, Niels et Mhen ?
De la Mongolie à Lyon.
Et en sortant de la gare de Perrache, j'ai voulu marcher jusqu'à chez elle plutôt que de prendre le tram, juste pour repasser devant mon ancienne fac et mon ancien appartement en me remémorant mon Master 1 et comment je ne pouvais penser il y a 10 ans que quand j'y repasserai ce serait au retour de mon tour du monde. Émouvant encore une fois.
J'ai retrouvé Cécile ensuite et on a parlé des heures et elle m'a emmené à son petit café théatre.


Mon ancienne fac. Si j'avais su que j'y repasserai après un tour du monde...

Allez un café théâtre pour se remettre dans le bain français

Mathilde et Cécile, acte 2. De la Mongolie à Lyon.

Cécile m'avait bien proposé de rester plus longtemps mais j'avais prévu de faire la surprise de mon retour à mes parents.
J'ai donc pris mon dernier Flixbus, suis arrivée à Tours, ai pris un Blablacar dans la foulée et suis arrivée sur le parking d'Intermarché à Cloyes où mon oncle, complice, m'attendait.

Un coin connu tiens

Sauf que ma soeur, dans l'après-midi, m'a annoncé que mes parents étaient de sortie ce soir là.
Pas grave, plan B activé.
Du coup en arrivant, j'ai ouvert la maison, on a débouché une bouteille avec mon oncle pour fêter mon retour et j'ai retrouvé ma chambre.
Enfin, c'est ce que je croyais.
Pour remplacer le vide de leur grande fille, mes parents occupaient ma chambre depuis plusieurs mois.
J'ai donc dû m'installer en cachette dans leur chambre gelée et pleine de bazar. Heureusement que j'étais en Sibérie il n'y a pas si longtemps.
Et le lendemain, à 7h du matin, j'étais excitée comme une puce et attendais leur réveil.
Papa se levant toujours à l'aube, j'attendais avec impatience.
Sauf qu'ils avaient bien fait la bringue la veille et j'ai dû attendre planquée sous ma couette jusqu'à 9h.
Et là, j'ai entendu la voix de mon papa dans le salon pour appeler mes chiennes. Trop touchée.
Et avec ma soeur, surexcitée aussi, en direct d'Australie par Whatsapp, on n'arretait pas de s'écrire pour monter notre coup et qu'elle appelle mes parents en visio juste après pour que ma mère se lève aussi et que je leur fasse la surprise en simultanée.
Et là, alors qu'elle leur parlait sur la tablette en visio, ma soeur a sorti son téléphone face à la caméra de son ordinateur pour enregistrer, ma mère lui a demandé ce qu'elle filmait comme ça... et j'ai surgi de ma planque.
Ma mère a hurlé, mon père n'arrétait pas de rigoler.
Trop émouvant pour tous les 4.

Et ce n'était que le début des surprises que j'allais faire au reste de ma famille et mes amis.

Une nouvelle aventure commence désormais. Avec des yeux différents, un esprit autrement ouvert, un corps encore plus résistant et une énergie vitale surpuissante. Et surtout avec une foi inépuisable en la beauté du monde et des gens qui surpassent largement les horreurs corrolaires inévitables.

La cerise sur mon gateau finalement : un avenir éblouissant, tant de souvenirs que de projets.

Merci à ceux qui m'ont accompagné à travers mon voyage ou à travers mon blog, à ceux qui m'ont adressé des messages chaleureux comme à ceux qui m'ont suivi dans l'ombre.

J'ai pris plaisir à partager mon expérience avec les mots qui m'arrivaient et qui resteront quand ma mémoire effacera certains détails.

Je ferai un dernier article sur ''Un tour du monde et aprés ?'', une fois digéré les milliards d'informations accumulées sur la dernière année.

Merci, merci à cette force de la nature d'avoir guidé mes pas tout au long de ce voyage.

Merci du fond du coeur.



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