Un thé en Mongolie - Parc Gorki Terelj, lac Khövsgol et désert de Gobi




Je ne sais toujours pas ce qui est le plus surprenant en Mongolie :
ses immenses steppes à perte de vue avec la plus faible densité de population au monde de 2 habitants par...kilomètres carré et avec encore 30% de population nomade
OU
son climat continental très marqué, ensoleillé quasi tous les jours, ce qui lui vaut d'être surnommé le "pays du ciel bleu'', suivi de nuit très froide
OU
cette volonté de paix affichée avec l'avenue principale de la capitale Oulan Bator appelée Peace avenue, sa World Peace Bell et sa Peace tower

Peace tower sur la Peace avenue

World Peace Bell sur la place centrale

Ce pays, non encore dénaturé par un tourisme à outrance et avec ses habitants ouverts et chaleureux, mérite amplement de s'y laisser porter.

Mon arrivée au petit matin à la gare d'Oulan Bator donnait le ton : 2 hommes faisaient des allers venus sur le quai avec des pancartes à mon nom. Tout ça pour une auberge à 6 euros la nuit, c'est dire le sens du service des habitants.
En chemin, je découvre avec plaisir en échangeant avec eux leur bonjour ''sain baï na uu'', leur merci ''bayarlalaa'' et leur je m'appelle Mathilde ''mini ner Mathilde''. La base pour pouvoir échanger avec les locaux.

Moi qui comptait rester 1 semaine ici, j'y suis restée plus de 3 semaines tellement charmée par la culture mongole et par les personnes que j'y ai rencontré.
Gros avantage du congés sabbatique, c'est d'avoir toute liberté sur le temps.
Et une raison de plus de ne pas booker tous ses billets d'avion avant le départ pour laisser place aux belles surprises.

Dès mon arrivée, j'ai pu découvrir mon auberge Gana's guest house et surtout ma chambre : une yourte, aussi appelée ger, cette tente typique de Mongolie, que j'allais partager avec 4 autres personnes dans la plus grande convivialité.
C'est vraiment très original : 5 lits ornés de dessins et disposés en cercle autour du poële à bois central, le tout jolilment décoré dans les moindre détails jusqu'à la structure en bois. Et surtout, la peau de mouton sur mon lit. Mongolian style.




Bien évidemment, avec ce type de structure, les sanitaires sont à l'exterieur. Bon là, fini le confort occidental : toilette avec porte coulissante sans verrou et chasse d'eau aléatoire, une porte preque en carton pour la douche mais ouf, l'eau est chaude. Je ne saurai que plus tard que cela serait l'equivalent d'un trois étoiles et que je serai si contente de retrouver mon lavabo entre ses portes en courant d'air.

S'il y a une chose que j'aime particulièrement, c'est mon arrivée dans un nouveau pays. C'est tout un territoire qui s'offre à découvrir, des nouvelles coutumes à observer et partager, une nouvelle langue à tenter de maîtriser. Et quelques heures à peine, les premiers repères arrivent. Et après quelques jours, même plus besoin de plan, je peux même guider les nouveaux arrivants.

En tant que voyageuse, je garde précieusement en tête ce qu'une de mes clientes m'avait dit lors de l'un de nos entretiens client ''on ne doit pas oublier qu'on est leurs invités et respecter les usages locaux''.

L'après midi même, je suis partie ''streeter'' et découvrir ce que la capitale a à offrir. Je ne suis vraiment pas fan des capitales, mais en Mongolie, encore plus qu'ailleurs, c'est le centre névralgique pour tout. Et notamment pour organiser les roads trips à travers le pays car assez délicat de migrer de ville en ville pour sortir du territoire ensuite.
Et oui, la capitale Oulan Bator abrite plus de 40% de la population totale de la Mongolie qui est seulement de 3 millions d'habitants, comparé à la France et ses près de 67 millions d'habitants.
C'est dire l'importance de la capitale pour l'emploi du pays.
On y croise des nouveaux riches, des jeunes demoiselles à la mode et à coté les travailleurs avec leur visage noirci par le travail en plein air et le sable.
Le salaire moyen en Mongolie étant seulement de 263 dollars par mois, le pouvoir d'achat local est très élevé pour un européen.
Ainsi rester raisonnable dans les négociations est correct, contrairement à la Thailande où la négociation est la base.

Mon premier repas était à 3500 tugriks (Mnt), soit 1,50€ est très complet. On mange très facilement pour moins de 5€ partout en Mongolie et en moyenne pour 3€.
Ahhh les repas : soupe avec pâtes et viande bouillie (shölte khool), enormément de viande et surtout du boeuf et du mouton sous forme de chausson frit (khuushuur) ou raviolis (buuz). Si vous aimez le mouton, n'hesitez plus à découvrir la Mongolie. Et plus on vous met de gras, plus vous étes apprécié.
Et le tout est généralement servi avec la boisson locale : le süütei tsai, leur thé au lait salé. Il est concocté à base de thé noir, de lait de vache, de jument ou de yak. Du millet y est parfois ajouté, voir même du beurre.
Et oui, le peuple mongol a une culture nomade qui reste très ancrée et la cuisine suit les saisons. C'est pourquoi la viande et la graisse provenant de leur troupeau ont la part belle en hiver et les laitages en été.
Et les soupes avec pâtes et petits morceaux de viandes pour affronter les rudes journées d'hiver sont juste très appréciables et leur permettent d'utiliser juste des petites quantités de viandes.
La capitale propose toutefois un peu de nourriture internationale, type KFC, lors des moments d'overdose.









Une fois rassasiée et mon premier retrait en distributeur effectué, je suis partie changer les quelques roubles qui me restaient de Russie.
Banquière que je suis, je n'ai pas pu m'empécher de comparer les commissions entre plusieurs établissements. Les banques étaient les moins compétitives avec les commissions les plus élevées. Cela ne représentait que quelques euros mais c'est ces quelques euros qui iront plutôt dans l'économie locale d'un petit village où j'irai que dans le système bancaire. Cette comparaison m'a permis de découvrir l'organisation de leur banque : juste des guichets où il faut prendre un ticket et où des personnes arrivent avec des énormes liasses de billets à déposer aux yeux de tous. Il est loin le local sécurisé de Patricia à l'agence.
Et oui car en Mongolie, ils n'ont que 10 billets et pas de pièces et le plus fort billet vaut 20 000 Mnt soit...8 €.
J'avais l'impression d'être Bill Gates et d'avoir braqué une banque à chaque retrait alors que je n'avais même pas 50 euros en poche.
J'ai finalement changé mes roubles en tugriks dans un bureau de change avec un cours quasi identique au cours officiel.
Mon appli XE currency est juste top pour ca et m'accompagne chaque jour pour convertir en dollars, euros ou autre lors des changes entre pays.



Première impression de la capitale : entre l'avenue principale appelée Peace avenue, la Peace tower et la Peace world Bell à l'entrée de la place centrale, c'est l'esprit léger qu'on s'y perd.
La Sükhbaarar place est la place centrale avec l'énorme statue en bronze du mythique Gengis Khan, le fondateur émérite de l'empire mongol, avec son fils Ögodei à droite et son petit fils Koubilaï à gauche avec le Parlement juste derrière.
Et au centre de la place, la statue de Sükhbaatar sur son cheval, leur héros de la révolution de 1921 qui introduisit le communisme.

Sükhbaatar sur son cheval

Gengis Khan

Ce que j'ai le plus apprécié à la capitale, c'est ces petits temples boudhistes cachés ici et là et trouvés au détour d'une rue. Juste derrière la tour Blue sky tower par exemple, symbole de modernité, se cache l'ancien temple monastère du Choijin lama. Entrée pour 3€.

Blue sky tower comme le ciel de Mongolie

Monastère Choijin lama







Les Mongols sont pratiquants du boudhisme tibétain d'où la structure des temples et les cultes qu'on peut y apercevoir.
Mais mon expérience la plus surprenante a été celle du temple encore en activite de Gandan khiid, à 2 pas de ma guest house.

Temple Gandan Khiid





Avec mon super copain Mhen, on est parti au petit matin. Il m'a appris la salutation boudhique et le tour des cloches. J'ai jamais touché autant de cloches de ma vie, c'est à donner le tourni.

Tour des cloches

C'est parti pour 10 minutes de tourni

Et puis à un moment, des sons venus de nul part se sont élevés et notre curiosité nous a fait rentrer dans un des temples, et là des dizaines de moines qui plasmodient, jettent des graines en l'air avec de l'encens qui brule. On est resté les observer un long moment aves les mains en prières. Envoutant et rempli d'energie.

Quelques pas plus loins, dans le temple du fond, rebelotte, on a touché une centaine de cloches en contemplant l'immense statue dorée de 26 m de haut.
Merci Mhen. Ca m'a permis d'y emmener Chris quelques jours plus tard et de pouvoir retoucher mes petites cloches.




La capitale, pleine d'effervescence, c'est aussi les klaxons, les restos coréens ultra présents, les coiffeurs ouverts plus tard que les restos, le ciel qui devient marron d'un coup à cause d'une tempête de sable, la musique d'ed sheeran shape of you qui surgit d'une voiture, un simple lever de pouce pour arreter un local pour se déplacer,...

Et surtout mes compagnons de voyage en Mongolie...
Mon premier coup de coeur : Mhen, un thailandais de 39 ans qui en parait 20, complétement déjanté et d'une générosité exceptionnelle. Qu'est ce qu'on a rigolé tous les deux. Dès le premier soir, on a sympatisé. On était que tous les 2 dans la yourte, il a préparé une soupe sur le poele, il faisait bouillir l'eau et je coupais les oignons. Depuis ce jour, il m'a nommé sliceuse officielle.
Dès le début, il a commencé à m'offrir des chocolats et toutes sortes de petites choses improbables.
Et, chose la plus destinée, il voyageait avec des kilos de...thé. Oui oui, incroyable, on etait fait pour se croiser. Du thé Sencha qu'il importe du Japon et qu'il revend à travers la Mongolie, la Thailande et Taiwan. Recolté de l'année, ce thé vert originaire du Japon est trés prisé. Son processus de fabrication repose sur un arrêt de l'oxydation à la vapeur pendant 10 à 30 secondes, contrairement au thé chinois véritablement grillé. Le goût est ainsi plus vert, tout comme sa couleur et assez amer. Pour sa préparation, l'eau doit être à 60○C et avec une infusion très courte de 2 minutes pour 7 à 8 g par litre.
C'est de loin la variété la plus cultivé au Japon (80%). Contrairement à la plupart des thés cultivés à l'ombre, le sencha n'est pas protégé du soleil ce qui lui donne son goût si végétal.
Mhen m'en a gentiement offert un énorme paquet.
Dès le premier soir, c'est donc un Thailandais et une Francaise qui ont partagé un thé du Japon en Mongolie autour d'un feu de bois.

My little Mhen


Mhen et son thé Sencha dans ses bouteilles

Mhen et le Sencha, une grande histoire d'amour

On étaient toujours fourrés ensemble, une vraie pipelette en plus, encore plus que moi. Avec son accent à couper au couteau que je comprends presque intégralement maintenant avec ses ''many more'' et ses ''a litten'' pour dire ''a little'' et ses r non prononcés.





On a failli foutre le feu à la yourte le premier soir, on etait mort de rire en pensant au comble de mourir brulé en Mongolie alors que la nuit est super froide. Avant de dormir, il insistait aussi pour que je mette du contour pour les yeux et son labello Himalaya. Ma super copine quoi. Le lendemain, il m'epilait les sourcils et m'appliquait de la creme sur les cheveux et quelques jours apres, je lui coupais ses cheveux, c'etait drole.
J'ai mis du temps à comprendre exactement ce qu'il faisait car il voyageait avec une énorme valise pleine de bordel et me sortait toujours une chose super étrange de dedans. Je l'ai renommé Mary Popins. Et un matin, Mary Popins m'a sorti un ''super'' tee shirt du fin fond de je ne sais où et à impérativement tenu à me l'offrir. Essayer de refuser releve de l'impossible avec Mhen. Surtout qu'il m'a élu Miss Univers avec ce tee shirt. Avant j'etais Miss Gambetta pour Mahmoud ou Miss PBC pour Jerome, et me voilà promu. Vous voyiez petit mes chers cap's, non ?

Miss Univers pour Mhen...sans oublier la quadruple tresse épi collée à la Khaleesi que j'affectionne tant mais un chouille bancale sans miroir en Mongolie

Mary Popins
Ce qu'il faisait : une sorte de ''commerce international'' dans 4 pays à base de thé sencha et de bouteilles qu'il a dessiné et de vetements.
Il a aussi une autre passion : les fleurs. Bien sûr, j'ai eu le droit a un paquet de graines de fleurs à planter en cadeau.
Et au moment où je cherchais à lui parler de la floraison magnifique des cerisiers du Japon et à chercher la traduction de cerisier en fleurs en anglais et que je lui montrais la traduction ''cherry blossom'', il est devenu foufou car non seulement sa boite s'appelle ''cherry blossom'' mais il a aussi ramené 2 petits cerisiers du japon avec lui en Mongolie pour les proteger jusqu'a la prochaine floraison...et aussi tout un ensemble de pot avec graines. Oui c'est dingue.
Cherry blossom de Mhen

Le jardin de Mhen...qui voyage en même temps que lui avec ses deux cerisiers du Japon au fond
Et tous ces hasards ne s'arretent pas là. Il adore parler des couleurs du ciel et m'a montré une de ses photos qui lui fait penser à un peintre francais qu'il adore : Monet. Non mais là, c'est pas possible, quelle connexion Bluetooth avec la fan inconsidérée des oeuvres de Monet que je suis. Et c'est ainsi qu'on a pu échanger sur différents tableaux, sur les differentes nuances de blanc de ''la pie'', sur les couleurs de ''femmes aux jardins'' et sur le scandale de Manet de ''dejeuner sur l'herbe'' que Monet a ensuite repris en version grandeur nature et sans causer de turpitudes lors de l'exposition universelle.
C'est aussi, lors de l'une de nos escapades en villes, tandis qu'il devalisait presque un stand de gants en laine de yak, je suis sortie prendre l'air et suis rentree dans une agence pour voir ce qu'elle proposait en tour à travers la Mongolie. A mon retour, tandis qu'il etait toujours à hesiter sur la couleur de ses gants,  je lui ai montré la carte de visite de l'agence où j'etais 5 minutes avant. Et là son regard s'est illuminé et il m'a dit que c'etait cette femme qu'il cherchait pour lui offrir les cadeaux qu'il avait dans son sac et pour lesquels on avait fait tous les etages d'un immeuble 1km plus loin pour trouver cette fameuse femme. Le pourcentage de probabilité que je la trouve par pur hasard releve du mystere. Messager de Mhen bonjour. Il a ainsi pu lui donner son cadeau et ils se sont fait des gros calins et on a remercié le ciel pour cela. BA du jour : check. My little Mhen, so cute.
Et au détour d'un café avec une de ses copines rencontrées en Mongolie, une indienne adorable, j'ai eu le droit à une invitation à découvrir l'Inde. Qui c'est peut être lui rendrais je visite dans quelques mois...
Et dans la série Mhen et ses cadeaux, il a tenu à m'offrir un petit chameau en figurine et m'a demandé de lui promettre de le prendre en photo dans tous les endroits du monde où j'irai. Deal. Quand on fait une promesse on la tient !

Tenzin et Mhen
Notre premiere découverte de la vie nomade hors de la capitale etait a Gorki Terelj, un super parc naturel, qui n'est pas hyper loin de la capitale, 1h seulement.
On y est parti pour le week-end avec Mhen et Chris, cet autrichien bien sympa, arrivé 2 jours après moi et avec qui on a partagé la yourte jusqu'à la fin de notre séjour en Mongolie.
Mhen a voulu rentrer le soir à la capitale car il avait trop peur...des loups. Oui oui, crazy.
Sur le trajet pour y aller, on a crevé en plein milieu. Les routes sont souvent plus ressemblantes à des chemins et le terme ''bumpy road'' est tres approprié.
En attendant qu'on vienne nous secourir, on a été se balader un peu dans les steppes, où on a decouvert un cadavre de vache que Mhen a voulu bénir avec une boite spirituelle. Et on a dû le faire chacun notre tour, oui oui. Ne me demandez pas pourquoi il se balade avec une telle boîte en plein milieu de la pampa, c'est mhen.




Et lors de notre arret devant les chameaux, quand Chris et moi sommes partis les caresser, Mhen a trouvé le moyen de troquer une bouteille de thé sencha contre une sorte de petite lampe magique à la Aladin. Quand une personne normalement constitué part avec des vetements, lui part avec une boite spirtiuelle et plusieurs bouteilles de thé et des graines de fleurs à planter. J'adore.



Et arrivés au parc naturel, dans la petite maison en bois de Gana (le gerant de notre guest house à la capitale), ils ont allumés le feu dans le poele de notre superbe yourte.


Yourte a gorki terelj
Mhen qui marque son territoire avec son thé et son nouveau bébé


En attendant le feu de bois

La premiere chose que Mhen a été faire : ouvrir la porte de la cabane en bois au fond du jardin pour voir les toilettes. Et dire ouf en souriant. Pour ma part, ca me paraissait, comment dire, ''local''. Je comprendrai quelques jours plus tard sa réaction.

On a profité de l'après midi ensoleillé pour faire un peu de trekking dans la montagne avant d'aller à cheval à travers les steppes, sous ce ciel toujours bleu, ses troupeaux de moutons et ses yaks à l'horizon entre vaches et chevaux. Un régal.

Et une ascencion, une
Vue sur les steppes avec le reflet des ombres des nuages

En haut de la montagne...Mhen prend son thé pour faire du trekking, normal
Hiii haaaa


Mhen s'en va en guerre à dos de cheval

Cheval, vache, yaks et moutons sous ce magnifique horizon



Et en decouvrant ce village où l'elevage est la source principale de vie, on trouve des bouses de vaches partout. Et au detour d'une palissade en bois, 3 jeunes garcons avaient un ballon de basket et, en langage des signes, je leur ai proposé de faire un 3 contre 3. On les a suivis a travers plusieurs terrains habités pour arriver au ''terrain de basket''. Trop sympa notre petite partie. Mhen a réussi à marquer un panier...dans notre propre camp. Et juste apres, il a planté des graines avec Chris dans un trou qu'il a creusé à la main pour faire pousser des fleurs ici...où rien ne pousse.

Partie de basket avec ces 3 jeunes garcons

Rurale la vie de nomade


Comme à la maison, hein papa ?

Les jardiniers plein d'espoir

Isolation des maisons en bouse de vache. Utilisation des ressources locales, très ingénieux.

Le soir, apres le diner ''home made'' succulent cuisiné par la famille, on est parti regarder le magnifique ciel étoilé avec Chris avant de rentrer à la yourte autour du feu de bois où on a joué aux cartes et aux osselets juste avant de dormir avec le doux crepitement du bois dans nos oreilles. Alalla comme à l'époque avec ma mamie Monique qui me manque tant.

Au reveil, après un petit dejeuner bien copieux, un bong trekking jusqu'au point où le chaman passe, une sieste au soleil et on a continué l'ascencion.

Comme le sentiment d'être dans Walking dead

Le point du Chamman

La fin d'après midi nous a permis d'aller jusqu'au rocher de la tortue et à l'immense statue de Ghengis Khan. Et retour en mini van, sans crevaison cette fois, et on a retrouvé Mhen à la capitale.

Statue de Gengis Khan

Rocher de la tortue

Cette petite escapade n'a pas réussi à Chris qui est tombé malade et resté plusieurs jours au lit.

Les jours suivants, j'en ai profité pour flaner dans la capitale, profiter du plaisir simple de s'asseoir sur un banc au soleil, regarder la vie des habitants, aller arpenter les multiples boutiques de cachemire. La boutique Gobi étant la meilleure selon plusieurs sources locales. 90% de la production mondiale du cachemire provient de Mongolie et les prix y sont au moins 2 fois moins chers.

Magasin Gobi et ses écharpes en cachemire

J'ai aussi profité de ces quelques jours de repos à la capitale pour déposer ma demande de visa chinois. Apres avoir réuni l'ensemble des fastidieux documents, Chris, sorti de son lit pour l'occasion, est venu avec moi. L'ensemble des sites internet consultés précisaient qu'il n'etait pas difficile d'obtenir le visa chinois en Mongolie avec faux billet d'avion à demander à Air Market gratuitement et réservation d'hotel à annuler une fois le visa obtenu et toutes les indications pour compléter le formulaire.
Toutefois, la supercehrie a dû être découverte depuis ces articles écrits il y a 1 ou 2 ans car la nana a bien pris mon formulaire mais m'a rendu mon passeport et a mis ma demande dans une banette differente des autres et quand je lui ai demandé où je pouvais payer, elle m'a dit qu'elle appelerait. Bureaucratie chinoise.
Idem pour Chris, direction ''bannette pour la poubelle''.
Et quelques jours plus tard ça a été la même pour d'autres personnes de l'auberge à qui on a parlé. Technique apparement fréquente en Asie pour refuser sans créer de scandale.
Bref, un peu énervée, les recherches d'alternative sont arrivées. Quand on ne peut pas passer par la porte, il reste toujours les fenêtres hein.
Je profiterai donc du simple visa de transit à Pekin, où je dois de toute facon passer pour rejoindre la Birmanie. Dommage toutefois pour le temps imparti qui ne me permettra pas de suivre l'ancien route du thé et des chevaux entre la Chine et le Nepal et la Chine et la Birmanie.

J'ai aussi profité de ces quelques jours pour récupér des gants en laine ultra chaude de chameau. C'est grâce à ses gants que j'ai eu ma meilleure expérience de la Mongolie et la plus authentique.
Et oui ces choses insignifiantes qui peuvent changer le cours du voyage : en arrivant à l'auberge, en parlant avec l'un des travailleurs sur mes gants, Baagii, il m'a dit qu'il avait de la famille dans le Nord, au lac Khovsgöl et m'y a invité. J'ai évidemment dit oui ! Chris était aussi d'accord pour venir mais son estomac en a décidé autrement au retour de Gorki Terelj.

C'est donc mon 2eme coup de coeur, Niels, le nouvel arrivant, un allemand de 21 ans avec une maturité impressionnante et d'une grande intelligence, qui m'a accompagné dans cette nouvelle aventure.
Ce qui est dingue, c'est quand Niels est arrivé dans la yourte, il m'a dit qu'il m'avait déjà vu quelquepart. Dans ma tête, j'ai fortement pensé ''t'as craqué mon garcon, où est ce que tu crois qu'on aurait pu se croiser sur cette planète avant''.
Et après une minute d'observation, en tenant compte du fait que ses cheveux avaient poussé et en regardant ses claquettes, oui je l'ai reconnu : on était dans le même wagon dans le Transsibérien de Moscou à Irkutsk et je m'etais d'ailleurs fait la réflexion que c'etait le seul bagpacker du wagon parmi ces 50 personnes.
Mon prof de maths du lycée Emile Zola à Chateaudun, Monsieur Kerrien, se ferait surement un plaisir de calculer la probabilité que je puisse me retrouver avec ce même garcon dans une yourte de seulement 5 personnes dans toute la Mongolie.
Un hasard...ou pas. Je fais parti de ces personnes qui pensent que les gens qui traversent notre chemin ont quelque chose à nous apprendre. Encore plus s'il le traverse 2 fois.

Deux jours plus tard, nous voilà donc avec Baagii à transporter 2 télés, une disqueuse et un arc à la station de bus. Le bus devait partir à 18h. Départ réel : 20h30. Mon petit allemand s'est bien marré en voyant ça en comparaison de la ponctualité allemande. Et nous voilà donc parti pour 15h de bus de nuit avec 12 autres personnes. Que des mongols, sans compter leur enfants et les sacs de laine de cachemire déclassée dans le minibus et sur le toit. On etait serré comme des sardines, la ''route'' était pleine de bosses et j'ai cru qu'on allait y laisser notre peau à plusieurs reprises. On a aussi crevé 2 fois sur tout le trajet. C'est ici que j'ai compris l'utilité des 4 roues de secours sur le toit.

Baagii et moi en attendant le départ de 18h devenu 20h30

Tout ce chargement et 12 personnes, oui ca passe

2eme crevaison....on va y arriver

On est tous impatient que la roue soit changée

C'est aussi ici que j'ai compris la réaction de Mhen à Gorki Terelj pour les toilettes. En pleine nuit, au nord de la Mongolie, je me suis rendue dans les cabanes en bois, et là, pas de structure de toilettes, juste des planches de bois et un trou. Le ''oh putain, c'est chaud'' a envahi mon esprit. Les toilettes turques, c'est le luxe à côté. J'ai préféré la nature cette fois ci. Trop de sensation ''fortes'' pour la même nuit.

Toilettes en Mongolie. Oui j'ai survécu...
Arrivée à Mohron le lendemain matin, un ami de Baagii nous a récupéré en voiture, on a tourné un peu avec eux pour récupérer des bricoles. 1h plus tard, nous voilà arrivés dans son petit village à côté du lac Khövsgol : maisons en bois, pas de béton, barrière en tole, pas d'eau courante, une seule ligne electrique et toilette au fond du jardin of course. Le wifi j'en parle même pas, c'est un autre monde. Et Dieu que c'est bon de pas avoir à se préoccuper de son télephone, de pas avoir à checker un sms, un whatsapp, un insta, un snapchat, un fb, un mail et j'en passe.

Lac Khövsgol



Barrière de la maison de Baagii

Et oui ca donne ca l'absence d'eau courante

Bidons d'eau du lac qu'on boira et qui nous servira pour cuisiner, faire la vaisselle,...



L'heure de la soupe


Puis l'heure de la vaiselle avec batons de buis

Et la Mongolie reste tellement sauvage qu'on rencontre sur chaque route des troupeaux d'animaux divers et variés : moutons, yaks, vaches, cheveaux, chameaux, chèvres et puis ses animaux plus sauvages pour le plaisir des yeux.
On retrouve surtout les yaks au Nord et les chameaux au Sud de part le climat.

Oies sauvages sur le lac


Tu veux ma photo ?


On a donc pu se consacrer à des plaisirs simples et admirer la faune et la flore locale.
Baagii avait pris son arc avec lui et on pu s'éclater des heures durant avec Niels et à apprendre aux enfants de passage sur le terrain comment tirer. Bien sûr on avait pas pris de crème solaire et on a été rouge comme des sardines quelques jours.
Baaggi nous a aussi laisser faire de sa moto, top. J'ai juste frôler de peu de tomber dans le nouveau trou creusé pour les toilettes, j'ai eu chaud.

On s'est aussi amusé à aller faire du trekking, marcher sur la glace du lac, jouer aves ses osselets, cuisiner sur le poele, decouvrir le village et ses habitants...
On en a découvert un bien amoché d'ailleurs au retour de la montagne. Un homme et sa moto, allongés au sol. On a essayé de le réveiller, rien. On a cru qu'il était mort. On a cherché des voisins pour nous aider. Une dame est sortie, lui a mis des gros coups de savates, 0 réaction du mec, elle est rentrée chez elle et a fermé sa porte à clé. Okkkkk. Bon on rentre prévenir Baagii....qui nous a juste dit qu'il devait être bourré. Normal quoi. 3h plus tard il était encore par terre mais à la nuit tombée, il était plus là.

Tir à l'arc sous le soleil mongol

Jeux d'osselets fait main par Baagii avec le chameau de Mhen

Heure du thé et du bricolage

Mon petit photographe

Bikeuse mathilde...

Arc fait main par Baagii...avec les toilettes au fond 


Robin hood est avec moi, ouf, je suis en sécurité

Trop mimi Niels qui apprend à tirer à l'arc à un petit mongol du village

Non ce n'est pas le retour d'Hitler, juste le symbole de chance pour les mongols

Lac Khövsgol gelé


Cimetière animal

Ascencion des steppes

Lac gelé pour la sieste

L'adorable Niels et moi au sommet de la montagne avec vue sur le village

Le lac et les chevaux

Ma nouvelle assistante pour le ramassage des flèches, trop chou

L'heure du goûter

Oui je continue à m'amuser avec mes tresses au fin fond de la campagne


Yaks au bord du lac

Prête pour braver le froid mongol

Baagii en tenue traditionnelle pour l'hiver avec Niels

Euhhhh, on fait quoi là ?

Bon bah en fait il est bourré


Où est charlie version hippie



Juste à notre retour du lac, on a trouvé la porte de la maison ouverte et 2 personnes dedans. Normal quoi. Le jeune garcon, c'etait le fils de Baagii qui vit ici avec sa tante quand Baagii travaille à la capitale. Et l'autre dame, on croyait que c'etait la soeur de Baagii mais non. Ca avait déjà fait le tour que 2 étrangers étaient arrivés et elle voulait nous vendre des trucs. Le lendemain, c'est 2 autres personnes qui ont voulu vendre un costume traditionnel à Niels. Vie de village bonjour.

Niels en plein essayage imposé

On peut pas se brosser les dents tranquilles ?

Et quand Baagii nous a demandé si le lendemain on voulait à la campagne chez sa mère, on était tout excités. Bien sûr que oui ! Et nous voilà donc en route, enfin plutot en chemin à travers la montagne car sa mère vit dans une yourte avec son autre soeur au fin fond de la montagne avec leur troupeau de mouton, chèvre, yaks et vaches. Enjoy. On s'est arrêtés en chemin pour l'arbre serpent, arbre sacré pour eux et aussi pour remplir 2 bidons d'eau de la rivière qu'on allait boire. Plus pure que notre eau en bouteille selon Baagii. On était sceptique au début et puis on a testé et approuvé tout le séjour, sans souci.

Direction la yourte nichée au coeur de la montagne de la maman de baagii
Mes 2 anges gardiens

L'arbre serpent, sacré pour les locaux

Ca coule de source. Oui j'ai bu cette eau.



Ma première vision en arrivant à l'interieur de la yourte : des bébés chèvres et mouton. Salut toi, qu'est ce que tu fais là. Et ensuite la maman de Baggi et sa soeur. On communiquait seulement avec des gestes. J'adorais les regarder parler entre eux, regarder leur visage. Ils vivent si simplement et j'ai trouvé leur visage tellement beaux et apaisés.
Ici pas d'éléctricité, seulement des panneaux solaires reliés à une batterie. Et le plus tranchant dans le décor, la parabole instalée par Baagii pour la télé.

On dort tous ensemble ok ?




C'est ici que j'ai goûté LE vrai thé de Mongolie : le suutei tsai, le fameux thé noir avec du lait de yak trait à la main qu'on buvait toute la journée. Nills l'a adoré.

Suutei tsai

Préparation du thé par la maman de Baagii

Oui j'ai ri

C'est aussi ici que j'ai vécu les moments les plus authentiques de ce séjour : construire un enclos pour les yaks, rentrer le troupeau des 300 bêtes à la nuit tombée, dormir à 5 dans cette petite yourte, les gars parterre, les femmes dans les lits, déconstruire la yourte pour la reconstruire sur un autre versant de la montagne pour le printemps, conduire tout le troupeau à travers la steppe, faire traverser les petits moutons dans mes bras pour franchir la riviere,....Magique.


Debut de la construction de l'enclos

Qui c'est qui est content de son enclos pour les yaks ?



Hé ho hé ho on rentre du boulot

Petit pause sur le trajet retour avec le berger qui rentrait son troupeau

Cavalier des steppes bonjour


Voyage...au coeur de la mongolie


C'est pas le tout mais y a le troupeau à rentrer

Je sais maintenant comment monter et démonter une yourte, me brosser les dents avec un simple petit bol dehors sous le ciel étoilé, boire de l'eau d'une rivière, ne pas me laver les mains 15 fois par jour (oui cynthia, j'y suis arrivée!), pouvoir manger une soupe sans penser à la viande sechée qui y est mise et qui pendouillait sous mon nez quelques heures plus tot.

Cuisine au sol

Viande en cours de séchage
Notre salle de bain à la belle étoile



Traversée de la rivière avec les agneaux

Conduite du troupeau d'une montagne à l'autre

Mes petits bébés

Petite pause dans la traversée de la montagne pour le changement de campement avec la tante de Baagii

Un garcon heureux




J'adorais suivre sa mère ou sa soeur. Enfin surtout sa mère. J'avais tout le temps peur qu'elle tombe. Du haut de ses 80 ans toute courbée et marchant en boitant, et bien je peux vous dire qu'elle y crapahutait dans la montagne avec 2 agneaux sous le bras pour les faire teter leur mere, et sans vasciller, franchir les enclos et ramasser les bouses de vaches sechees a la main pour nettoyer le terrain et les balancer sur un tas. Et splatch. Concours de lancer de bouses, 3 2 1 partez. Respect Madame.
Et l'adorable soeur de Baagii m'a offert avant le départ un petit jeu d'osselet dans son étui porte bonheur.


Maman de Baagii

C'est parti pour la tétée avec maman




Coucher de soleil sur la yourte



Compagnon de lit


Niels et son nouveau copain
Heure de lever le camp
Et tout le monde y contribue
Notre jeep pour transporter la yourte
Remontage de yourte, phase 1 : la structure en bois



Remontage de yourte, phase 2 : la premiere couche en tissu
Remontage de yourte, phase 3 : la laine de mouton sous forme de peau pour l'isolation
''Vis'' en peau de mouton pour la structure en bois


Apres l'effort, le réconfort....autour du thé au lait bien sûr
Beurre de yak pour accompagner le thé 

Heure du thé avec son super bol made in france, la blague



Fils de Baagii

Mère de Baagii

Dernière photo avant le départ sans oublier mon petit mouton préféré

De retour le soir au village, Baagi nous a emmené à un concert traditionnel, suivi d'un ''bal''. Mémorable nos tentatives de danse en duo en style mongol.

On rigole encore avec les gars sur mon traumatisme avec les toilettes.
Un peu comme des palliers de decompression en plongée, plus tu vas découvrir en profondeur la vie nomade, plus la structure est précaire. Donc dès que je poussais une porte, seules 3 pensées arrivaient : pourvu que le trou soit profond, que les planches soient solides et que mes poches soient bien fermées...
Autant dire que les toilettes dans la montagne chez la mere de Baagii, y a meme pas de cabine, là c'est 4 planches l'une au dessus de l'autre juste histoire de pas tomber dans le trou en pleine nuit. Sympa de voir ta tete aux toilettes.

On est revenu à la capitale en voiture avec Niels en 12h.
C'est pendant ces longues heures de trajet qu'il m'a appris à utiliser le mode manuel avec les réglages sur l'appareil photo mais aussi à jouer aux echecs, depuis le temps que je voulais le faire.
Prendre une année sabbatique, c'est aussi ca : avoir le temps de se poser, d'apprendre ce qu'on a toujours voulu, de laisser place à la créativité,...
J'ai déjà appris plus en 1 mois sur la route qu'en 1 an à mon boulot.

Et puis surtout les échanges avec mes compagnons de voyage ou les locaux. Par exemple, j'ai découvert avec Niels le Heute show,  qui relate l'actualité avec humour du point de vue allemand.
Et puis pour améliorer mon allemand c'est top, en plus de demander aux garçons qu'on parle en allemand un peu tous les jours. Je leur apprend quelques phrases de français en échange bien sûr.
D'ailleurs en échangeant sur leurs connaissances en français, le ''voulez vous coucher avec moi'' est une de leur phrase la plus assimilée. Ahah. Et deux secondes après, Niels me dit que les francaises disent toujours oui. Ok ca craint. Mesdemoiselles, merci de bien vouloir redorer notre blason sur la scène internationale.
Bien entendu, éléction presidentielle francaise oblige, on prend pour notre grade dans le heute show avec Marine Le Pen en bikini à la alerte à Malibu par exemple. Et évidemment, je tenais à avoir le point de vue des garcons sur nos candidats à la présidentielle. Très intéressant de comparer les points de vue, les cultures et les visions d'un autrichien et d'un allemand.

Et mon anglais s'est nettement amélioré déjà. Avec un vocabulaire au début assez sommaire, voilà maintenant au moins un nouveau mot en plus par jour et une bien plus grande aisance à l'oral. Le poids de l'apprentissage de l'anglais en France, alala.

De retour pendant ces 2 jours à la capitale, juste pour le plaisir de prendre une douche et de finaliser les derniers comparatifs sur les tours, nous voici partis avec Chris et Niels, dans le Sud cette fois, en plein désert de Gobi pour 7 jours de vie nomade.
Le désert de Gobi était historiquement un point de passage sur la route de la soie. Contrairement aux idées recues, il est davantage recouvert de roches que de sable. Il y est très difficile d'y vivre pour les nomades car il présente des variations extrêmes de température : torride en été et glacial en hiver.

Le premier jour, on a pu découvrir le canyon avec formation rocheuse de toute beauté de Tsagaan suvarga white stuppa.

Tsagaan suvarga





Et dès le premier soir, on a pu goûter à la difficulté de vivre dans ce désert avec l'amplitude thermique qui peut y avoir en une journée : on s'est retrouvé dans une des quelques yourtes en plein milieu de la pampa avec un vent de dingue et une tempete de neige en cadeau. Le nombre de chance que dans cette yourte il n'y ait pas de poele à bois ? Bingo. On s'est gelé les miches bien comme il faut. Et on avait qu'une bière pour trois à partager à travers nos doudounes. C'est à ce moment qu'on s'est promis de prendre une bouteille de vodka pour les jours suivants.

Tempête dd neige dans le désert au coucher du soleil



Même pas froid

Le calme après la tempête

Le lendemain, notre chauffeur de Jeep, Bimba, un mongol de 27 ans à mi chemin entre un videur de boite de nuit et un nounours et ne parlant pas anglais, nous a conduit sur la rivière gelée de Yoliin am yol valley. 

Who is the boss ? Bimba of course


Yoliin am








On était plié de rire avec Niels car on est tombé plusieurs fois dans des trous de glace, pieds trempés tandis que Chris nous attendait un peu plus loin le temps qu'on parte en exploration. Niels a eu le plaisir de manger un peu de neige que je lui ai gentiement balancé à la figure entre quelques pas de danses traditonnelles mongols sur la glace que Baagii nous avait appris.

Une sieste au soleil plus loin et j'ai trouvé un petit bol en plein milieu de la montagne, qui ressemble grandement à celui qu'avait la maman de Baagii. Trop fan.

Qui c'est qui a les pieds trempés ?


Petit déj au soleil

Les 2 jours suivants on est arrivés au beau milieu du désert de Khongoriin avec ses dunes de sable. On a bien sûr été gravir les dunes, avec les pieds s'enfoncant dans le sable, le coeur prêt à sortir de la poitrine à cause de la vigueur de la pente et ce sentiment d'accomplissement en arrivant au sommet. Et le bruit du sable dans la descente de la dune, comme le bruit d'une tribu en plein rite. Fascinant.

Dune de Khongoriin



Let's go



Pause dans la montée avec mon os. Pourvu qu'on finisse pas pareil
Dur dur

Chris, Niels et moi dans le désert




On y est presque

Victoire





Vue du sommet

Dedicace pour Mhen

Paré pour la descente Niels ?










Avant de savourer la vodka traditionnelle face aux dunes. Et apprécier la nuit des étoiles filantes en plein désert. En voir une. Faire un voeu.



Nos invités â l'apéro

Vodka locale




C'est à ce moment là que j'ai eu l'idée de proposer à Niels de prendre sa tente pour aller camper dans les dunes. Et à Chris de dire : mais on dort déjà dans une yourte dans le désert.
Oui, mais comment dire, c'est comme la maison au bord de la plage, c'est pas pareil que dormir sur la plage.
Bien entendu, avec mon super compagnon de voyage Niels, on a préparé notre baluchon et on est partis jusqu'aux dunes en pleine nuit éclairés par le clair de lune.
À un petit détail près, on avait oublié qu'il y avait les lacs avec plein de petits ruisseaux avant d'y accéder. Ni une ni deux, nous voilà à sauter à travers tous ces ruisseaux chargés comme des petits mulets, sans renoncer à revenir au campement. C'est dans ces moments là que je remercie Monsieur Poisson pour mes 7 ans à l'athléthisme club de Cloyes et mes championnats régionaux de saut de haie.
J'etais l'eclaireur pour le saut des ruisseaux et Niels pour trouver le meilleur chemin dans la dune. Complémentarité des talents, bonsoir.
Presque arrivés au sommet d'une des dunes, éclairés pas la lune, le voilà qu'il me dit qu'il a oublié le bois pour fixer la tente. Tête de linotte va.
Pas grave, je préfère dormir à la belle étoile de toute facon. Et nous voilà installés dans nos duvets à kiffer le reflet de la lune sur le lac et sur les dunes du désert et à chercher la grande ours et la petite ours avec le léger vent frais caressant nos visages. Une nuit clémente fort heureusement. Et le plaisir de se réveiller avec le lever du soleil et le pépiement des oiseaux.



En route pour notre nuit à la belle étoile

Réveil dans les dunes

Au retour au petit matin, Bimba secouant sa tête en mode ''ils sont cinglés ces 2 là'' était trop marrante.

Toilettes dans le désert

Sexy Bimba

Et pour couronner le tout, une balade à dos de chameau.







Niels et ses nouvelles copines

Viens voir Maman

Après cette épopée dans le désert de sable, Bimba nous a emmené à Bayanzag flaming cliffs, réputé pour ses os et oeufs fossilisés de dinosaures.
Que ce fut drôle quand en pleine course avec un van croisé au beau milieu du désert, ma playlist mise dans la voiture est arrivée sur Leo Delibes Viens Malika, une musique classique exceptionnelle avec le viril Bimba à fond la caisse. Fantastique. Merci à mon chef Azdine pour m'avoir fait découvrir ce morceau, ca a donné un grand moment, on a bien rigolé du contraste.

Bayanzag flaming cliffs










Course dans le désert



Et le dernier jour, nous avons été sur les ruines de Baga Gazriin Chulu avec découverte de sa grotte et de son ancien monastère.

Baga Gazriin Chulu




Si on allait voir au fond de cette grotte






Photo de famille

Oh shit !

Non les allemands ne sont pas bizarres

La fourchette antenne why not

De retour de cette épopée du désert en traversant une nouvelle tempete de sable, on a retrouvé notre auberge ''3 étoiles'' à la capitale. J'ai direct été faire un gros bisou à Mhen tellement contente de le retrouver. Son nouveau compagnon de yourte de mauvais poil a réussi à me dire ''go out with your happiness''. On me l'avait jamais faie celle là. Bien sûr, Mhen s'est énervé et ca a failli finir en bagarre et on a dû les séparer avec Chris et rapatrier Mhen dans notre yourte beaucoup plus conviviale, avec en prime un nouvel arrivant, un francais, Cyprien. Et c'est lui qui m'a annoncé qui était notre nouveau président après 3 jours de suspens. Je pense que ce sera la seule fois où je ne connaitrai pas le nom de mon président le jour de son éléction. Et oui ce jour là, j'étais sans wifi à dormir dans les dunes de sable.
Le soir même, on a pas résister à se faire une petite pizza après ces jours sans trop manger. On mangeait essentiellement riz et petits légumes avec viande séchée et son gras bien sûr. Par chance, Niels adorait ca alors je lui refilais toujours mes bouts de gras discretos.

Le lendemain matin, une francaise, Cécile, est arrivée à l'auberge. Au détour de la conversation, elle nous a dit que c'etait son anniversaire. Ni une ni deux, j'ai emmené mes copains pour lui trouver un gateau d'anniversaire. Grosse soirée, elle s'en souviendra de son anniversaire dans la yourte.

Gateau d'anniversaire pour Cecile

Anniversaire de Cécile

Nous aussi. Avec Niels, on a été malade tout le lendemain sans pouvoir manger grand chose.
On a heureusement réussi à sortir de nos lits pour aller chercher un cadeau pour Baaagii qu'on ne savait pas comment remercier pour son hospitalité. On a pu trouver un mp3 pour son fils, qui adorait prendre celui de Niels, le tout avec plein de supers bons chocolats et bonbons que Baaggi aime tant, agrémentés d'une petite lettre qu'on a écrite en duo.

Le soir même, pour mon dernier soir en Mongolie, on a quand même été se faire un resto tous ensemble avec les nouvelles arrivantes japonaises.



Avec seulement 2h de sommeil en perspective avant d'aller prendre mon vol pour Pekin, j'avais juste trop peur de louper mon réveil.
Heureusement, l'adorable Niels a aussi mis son réveil, m'a réveillé à 3h du matin et s'est même levé pour m'accompagner jusqu'au taxi avant nos aurevoirs. Trop chou.

Ces merveilleux moments en Mongolie n'ont fait que renforcer la dificulté de ses premiers aurevoirs et la tristesse de les quitter. Heureusement, on s'est fait notre petit groupe whatsapp ''garlic team'' pour rester en contact. Parce que oui, ils mangent tous les deux de l'ail, une gousse comme ca avec du pain. Un peu tapé ces allemands-autrichiens. Bien sûr, j'ai testé plusieurs fois avec eux. Parait que c'est bon pour le cerveau mais oh mon dieu, ca piiiiique.

Si je ne devais en retenir qu'un :

Mon moment préfére : la conduite du troupeau à travers les steppes pour passer du camp d'hiver au camp de printemps avec la yourte

Mon moment le plus dur : pas d'eau courante pour juste se laver les mains


Commentaires

  1. Après le long silence qui a précédé l'écriture de ce riche chapitre, nous comprenons mieux le temps que tu as passé à vivre et à écrire cette belle aventure en Mongolie.

    Bravo Mathilde, tous nos voeux pour la suite de ton voyage.

    Nous sommes impatients de lire le prochain numéro sur la Chine, comme aperçu dans ta vidéo sur WhatsApp.

    Gros bisous de nous deux.

    Paul & Marie

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