Un thé au Népal - vallée de Katmandou, Pokhara et Lumbini


Le Népal, ça secoue. Et pas seulement à cause de l'état des routes ou du fait qu'on soit en pleine zone sismique.
Les tremblements de terre de 2015 ont fait mal au pays mais c'est aussi grâce à ce même phénomène de subduction de la plaque indienne sous la plaque eurasienne que le Népal possède 8 des 10 plus hautes montagnes de la planète avec des sommets à plus de 8000 mètres, dont l'Everest au coeur de la chaîne des montagnes de l'Himalaya. Voilà pourquoi on appelle le Népal ''le toit du monde''.
Ce qui en fait d'ailleurs une destination rêvée pour tous les amoureux du trekking.

Le toit du monde avec mes yaks

Première secousse : j'ai donc atterri à la capitale, Katmandou, après cette nuit mouvementée à l'aéroport du Bangladesh avec mon ange-gardien Damien. 

Pour le Népal, un visa est nécessaire mais c'est super simple car c'est un visa à l'arrivée donc c'est le personnel de l'aéroport qui vous donnera votre petit visa de 30 jours moyennant 40 dollars. Pour le paiement, la cb ne passait pas et le seul distributeur de la zone visa ne marchait pas non plus. Alors on fait quoi là ? Payer en dollars bien sûr. D'où l'importance de toujours en avoir sur soi en cas d'urgence. Ou échanger sa devise au bureau de change à côté du comptoir pour remplir sa demande de visa. Bien sûr à un taux pas très favorable.

Une fois ce nouveau visa ajouté à mon passeport, direction un distributeur à la sortie pour prendre quelques roupies népalaises.
Et là, ça commence, impossible pour Damien de retirer, et ce dans plusieurs distributeurs. Il venait d'être confronté au blocage anti-fraude de sa carte suite au changement de pays dont sa banque n'était pas avertie. Encore une fois ma carte N26 est juste top pour ça car elle est faite pour les voyageurs et évite ce type de problème ou encore ne demande pas de validation d'achat des billets d'avion en ligne par sms qu'on ne peut recevoir sans utiliser le roaming et bien sûr aucun frais de retrait ou paiement hors zone euro.

Comme on avait tous les deux nos auberges dans le fameux quartier de Thamel, on a partagé notre taxi. À négocier à 350 NPR (3€), prix usuel, et ne pas payer 3 fois plus comme c'est souvent pratiqué quand on ne connait pas la vraie valeur des trajets en arrivant dans un nouveau pays.
Et c'est là que le free style commence, à Katmandou, c'est le bordel : les petites rues étroites doivent permettre le passage des voitures, scooters, rickshaws et piétons...en même temps dans un concert de klaxon.
On a donc déposé Damien à son auberge et j'ai marché jusqu'à la mienne à quelques rues de là. Ça aurait pu être simple s'il n'avait pas plu. Car avec des routes non goudronnées, ça se transforme direct en une grande pateaugoire de bouillasse. Et j'étais en tongs avec plus de 10kgs sur le dos. Après avoir évité de glisser quelques fois et me retrouver le nez parterre entre les ruelles sombres et humides, j'ai troqué en pleine rue mes tongs contre mes baskets de trek. Je vous conseille donc d'arriver à Katmandou en baskets plutôt qu'en tongs sans hésiter.
Une fois arrivée à mon auberge avec ma copine boue sur mes mollets, j'ai pu découvrir ma super chambre : moquette qui te prévient que si tu marches dessus pieds nus, tu ne t'en sortiras pas indemne, des draps qui ont été lavés trop de fois mais sans trop de lessive, une douche qui ne coulera pas à flots sauf si tu sais faire du bricolage et une obscurité digne d'un polar. Et elle était super bien notée sur Booking. Heureusement que je réserve toujours une seule nuit, justement pour avoir toute liberté dans ce genre de situation.

Ne voulant pas finir vampire dans cette chambre, je suis partie prendre la température de Katmandou. Et bien ça grouille de monde, d'hommes qui se tiennent la main dans la rue en toute fraternité, de vaches sacrées en liberté et de fils éléctriques brinquebalants. Sans oublier les quelques enfants qui n'hésitent pas à te suivre pour te demander subtilement une glace ou encore le mec qui essaie de te vendre une mangue 5 fois le prix après avoir fait son gros crachat bruyant. C'est le jeu du voyage après tout et c'est sûr que ça bouscule un peu quand on arrive, mais c'est ça qui rend l'étranger si passionnant.
Bref, c'était un premier jour bien comme il se doit.

Bienvenue à Katmandou
Entre couleurs et senteurs

Appelez l'EDF, j'ai perdu le fil

Un petit mud day au Népal ?


Le lendemain, hors de question que je reste une nuit de plus dans cette auberge miteuse et ayant prévenu Damien, il m'a dit de venir à la sienne qui est super.
Une fois arrivée, j'ai dû me faire à l'idée : pour les auberges à Katmandou, faut oublier tous les standards de confort. Son auberge ressemblait à peu de choses près à celle que j'avais quitté mais au moins on était ensemble. Et sans oublier qu'au Népal, l'éléctricité est un gros sujet et que les coupures d'éléctricité et de wifi sont monnaie courante dans ces bâtiments vétustes.

Une fois installée, on est partis tous les deux se balader au Durbar Square, le coeur du vieux Katmandou. Entrée à 1000 NPR (10€) pour cette grande place qui plonge dans l'histoire de la cité. Depuis les séismes, il y a eu pas mal de temples détruits. Les plus intéressants : l'ancien palais royal Hanuman Dhoka gardé par le dieu singe Hanuman, ou encore le temple Kumari Bahal avec leur déesse vivante Kumari à l'intérieur, une déesse qui est en fait une jeune fille et qui ne sort jamais de cet endroit. Mais aussi la statue de Kala Bhairab, le dieu féroce combattant les démons et les temples dédiés à Shiva le dieu le plus vénéré du Népal, à Taleju la déesse titulaire de la famille royale, à Krishna le dieu enjoué, à Ganesh le dieu à tête d'éléphant.
C'est en se baladant au fur et à mesure qu'on a découvert les premières sculptures sur bois en kama sutra. Et Damien qui rigolait car j'avais toujours le nez en l'air, non seulement pour admirer ces magnifiques sculptures mais aussi pour humer l'air. Un délice la balade olfactive à Katmandou, ça sent l'encens partout mais rien à voir avec celui qu'on sent en France. 

Damien et moi


Durbar Square de Katmandou




Arbre sacré dans Durbar square
Sortie d'école et repos au Durbar Square

Malgré les infrasftructures précaires, la pollution, le délabrement des bâtiments, les coupures de courant, la cacophonie des klaxons, l'aura de Katmandou reste étonnamment mystique.

Une petite pluie de mousson à 16h, comme tous les jours, nous a ramené dans un petit bouiboui pour manger. Au Népal, c'est Dhal bat : du riz avec soupe de lentilles et petits légumes et parfois curry de viande. Les Népalais les plus pauvres mangent cela à tous les repas.
Sinon, il y a aussi les momos, rien que le nom me fait marrer. C'est des petits beignets de légumes ou de viande. À l'origine, c'était LE plat des montagnes himalayennes mais on en retrouve maintenant partout en ville.  Et encore, le chowmein à base de pâtes sautées ou le riz frit. Ca permet au moins de varier les ''plaisirs simples''.

Deuxième secousse : le lendemain, je ne sais pas ce qui m'a irrésistiblement attirée à aller prendre un bus local blindé pour aller au lieu sacré classé au patrimoine mondial de l'Unesco : Pasupatinath où hindouistes et boudhistes se réunissent dans le même lieu de culte et de crémation entre sadhus, moines, prêtres brahmanes et singes querelleurs. Je conseille de le faire un samedi ou un dimanche car c'est là que c'est le plus animé.
C'est ici que j'ai fait la connaissance de Suda San, un Népalais qui m'a accompagné tout le temps et qui m'a fait découvrir l'histoire hindouiste.
Après avoir voyagé dans des pays à dominance boudhiste, me voilà dans le premier à majorité hindouiste.

Entrée de Pasupatinath. Ça déménage.

Dieu Ganesh, l'éléphant et fils de Shiva

Entrée du temple réservée aux hindouistes. Avec un saari très bien porté. 

Ma vache sacrée
Rite hindou


Et ça commencait fort, il m'a expliqué qu'ici la mort est un événement heureux : le défunt, une fois lavé avec l'eau de la rivière Baghmati pour être purifié, est recouvert de fleurs de Lantanier orange, couleur de la réincarnation et la famille est en blanc. Et une fois brûlé, les cendres sont poussées dans la même rivière juste en dessous.
Bien entendu, il était ravi de me montrer le maccabé en bas. Pour moi et mon choc culturel.

Oui je ne peux résister à vous faire partager. Pardon.

Stelles de crémation. Y a encore de la place. À qui le tour ?

Prière avant crémation

Ca y est, c'est parti pour le feu de joie !

Bye bye

C'était fascinant et très déroutant en même temps. Au Népal, tout comme en Inde, il faut vraiment laisser son mode de pensée occidentale à la maison.
Ensuite, on a longé la rivière et il m'a dit que si je voulais aller dans la grotte en haut, je pouvais. Faut pas me le dire 2 fois. Arrivée en haut, un homme qui me suivait m'a dit qu'il fallait que j'enlève mes chaussures ici. En fait, c'était l'habitant des lieux et c'était un peu comme si j'étais rentrée dans sa cuisine en chaussures. Suda San m'y a rejoint quelques minutes plus tard et on s'est assis un moment à parler tous les trois. Le monsieur était en fait un holy man, un prêtre hindou, et m'a invité à aller méditer dans la grotte spirituelle qui jouxtait l'endroit où on était et qui a un pouvoir spécial apparement. Je suis curieuse, j'ai testé bien sûr. Bon je n'ai pas senti le pouvoir de la grotte mais j'ai été hypnotisé par ce lieu hyper spécial et hyper dingue.

La grotte est tout en haut


Sur le sentier en redescendant de la grotte, Suda San m'expliquait qu'il y a 3 types d'holy man : celui qui peut soulever des pierres avec son attribut masculin (pour les curieux, à 1minute 30 et à 2minutes 50 ici : Holy man), celui qui mange des cadavres et le dernier. En finissant par me dire que celui qui était en face de moi avec sa voix douce et relaxante était celui qui mange des cadavres. Ok, là je suis choquée. 

Les sadhus et moi

Après avoir silloné entre les singes dans le parc derrière tous les deux, il m'a offert un Slice, un jus à la mangue. Un délice. Ca a ensuite été MA boisson jusqu'à la fin de mon voyage. 

Vie de singe

Suda San et son Slice

Il m'a aussi offert un lait au millet en plein coeur de la fête locale très animée entre chant traditionnels et danses mystiques puis on s'est posé un peu faire un break le long de la rivière. 



C'est aussi ici que j'ai béni un lingam, ce fameux symbole de la création que vous retrouvez partout pour les hindous et qui représente leur Dieu tutélaire Shiva. En gros, c'est un pénis (''phallus stylisé'') et un vagin ("yoni'', une dalle de pierre représentant l'organe féminin, la matrice du monde). Ca pourrait en choquer certain mais pour eux c'est juste fondamental, sans la création, rien n'existerait. Il suffit juste d'adopter un autre état d'esprit.

Allée de lingam, symbole du Dieu Shiva
Bienvenue chez les hindous

Au calme

Open...your mind
Shiva lingam

Des fois je décrochais bien sûr mais je me faisais rappeler à l'ordre vite fait quand il me disait "tu t'en rappelles de ça, je te l'ai dit tout à l'heure?"'. Je rigolais en lui disant qu'il parlait tellement que je ne pouvais pas tout enregistrer et il se marrait en me répétant. On a bien sympatisé tous les deux et on a même échangé sur des choses très personnelles. C'est dingue comme parfois on peut être connecté en peu de temps avec un inconnu.
C'est donc là qu'il m'a raconté pendant un long moment comment il a le coeur brisé à cause d'une fille dont il a tatoué le prénom sur son bras et son visage avec les dates importantes de leur histoire sur son dos. Aïe. Ça m'a rendu triste pour lui. On a presque tous une histoire d'amour qui nous a laissé une cicatrice dans le coeur mais à ce point...
Seul le temps permet de faire passer la blessure, tout comme la blessure physique : de vive et douloureuse à visible mais presque indolore. T'inquiétes ça ira mieux bientôt mon petit Suda San.

Et j'en ai appris des choses en une seule journée car Suda San avait un débit de parole impressionnant et était bourré de connaissances. Il illustrait parfaitement ce que je garde toujours en tête : "Chaque personne que tu rencontres connaît quelque chose que tu ne sais pas. Apprends de lui".

C'est à ce moment là que je m'en suis souvenue, le moment où le goût de l'aventure s'est emparé de moi. Celui auquel on goûte une fois et dont on ne peut plus se passer. Je pense que sans ce moment là, je ne saurai pas où je suis actuellement. C'était en Corse, avec mon copain de l'époque Vincent. On était amoureux de cette île et on a passé un de nos étés à dormir à la belle étoile sur les splendides plages de Corse, une différente chaque soir : de Saint Florent à Calvi, en passant par Girolata, ou encore Porto et le Petit Sperone. Un régal de se reveiller sur une plage différente au petit matin, prendre son petit déj' face à la mer et partir trekker sur le Tra mare et monti pendant plusieurs jours en bivouac entre les eaux turquoise de la mer et émereaude des rivières.
J'ai grand plaisir à parler de cette merveilleuse île française aux voyageurs que je rencontre en chemin.

Parce que oui, le voyageur est quelqu'un qui aime son pays et qui en est son plus fervent ambassadeur à l'étranger, et non une personne qui le fuit parce que c'est mieux ailleurs.
Je me délècte d'échanger avec mes compères d'aventures sur les trésors cachés de la France que j'ai découvert depuis que je suis en âge d'être autonome : de la beauté des Chateaux de la Loire qu'on se fait avec la Loire à vélo avec ma soeur à la Bretagne et sa très belle côte d'émereaude entre Cancale et Dinard où j'emmène mes parents en passant par la Vendée avec mes supers amies d'enfance Amandine et Elsa. Mais encore le coeur de la France avec Carcassone et sa cité avec mes copines de master Laurie et Virginie, Rocamadour et St Cyr la Popie et aussi Bordeaux et sa dune du Pilat avec Fanny et PA ou encore Dax et ses férias avec mon amie Florence. Sans oublier, le Sud de la France avec ma ville de coeur Montpellier, ou encore Argelès, Biarritz, Collioure et Canet avec Luc et Léo. Mais aussi les villes où j'ai fait mes études avec Orléans et son très beau parc floral, Lyon et ses quais du Rhône super bien amménagés jusqu'au parc de la tête d'or ou encore Clermont Ferrand avec sa cathèdrale en pierre volcanique. Et passant par ma favorite, ma ville rose, Toulouse puis Bourges et son printemps autour de sa cathédrale inscrite au patrimoine mondial de l'Unesco. Et évidemment Paris, la romantique et espiègle, parfaite à découvrir chaque week-end.
Douce France, pays de mon enfance.

Retour au Népal et bien comme il faut avec Suda San, encore en train d'essayer de m'apprendre toute l'histoire du Népal et de l'hindouisme en quelques heures, qui me dit ''tiens regarde''. Ah bah tiens, un corps calciné avec juste le pied qui reste à pendouiller en attendant son heure d'être brûlé. Enjoy.
Avant de rentrer de cette journée forte en émotions, il m'a fait découvrir leur ''maison de retraite'' pour ceux qui n'ont plus de famille et après la cérémonie de chants des défunts, il m'a négocié un taxi pour rentrer. 350 NPR soit 3€ pour aller jusqu'à Thamel.
Avant de nous quitter, il m'a proposé de me faire découvrir le reste du Népal et de m'accompagner en trek si je voulais.

Hospice népalais
Le soir venu, toute encore chamboulée de cette journée, j'ai retrouvé Damien. Et surtout Maxime, un Français que j'avais aperçu le tout premier jour en accompagnant Damien à son auberge après l'aéroport. On a été se faire un Dhal Bat tous les 3 et j'ai débriefé avec Maxime sur la proposition de Suda San. Parceque oui, en tant que femme voyageant seule, je me dois d'être vigileante car personne ne le fera à ma place. Surtout que je suis de nature à croire que tous les gens sont bons et bienveillants donc je dois vraiment me faire violence pour devenir suspicieuse sur les raisons qui ammènent une personne à rentrer en contact avec moi à l'étranger : mon argent ou mon cul, voir les deux.
Conclusion avec Maxime : bon faut mieux que je décline la proposition même s'il est sympa et qu'il m'a dit qu'il ne voulait pas d'argent. Vous saurez à la fin si j'ai eu raison d'être suspicieuse sur ses intentions.
On a fini la soirée avec Maxime et Damien sur le toit de notre auberge avec un autre couple et un jeu de Uno, quelques bières et de la bonne musique. Très agréable.

Troisième secousse : le lendemain, réveil à l'aube et direction la station de bus pour 8h de bus sur les routes montagneuses et chaotiques, direction Pokhara. Finis les supers bus de Birmanie, là on revient au confort rudimentaire.
Je ne savais pas encore que ce trajet aller magnifier le cours de mon voyage.
Quelques sièges devant moi, un fort accent américain demande à la jeune fille derrière lui d'où elle vient. Et à ce petit bout de femme, d'une voix douce et juvénile, de répondre qu'elle est Française et qu'elle est 3 semaines au Népal pour une mission de volontaire dans un orphelinat à Pokhara. Et le chauffeur, pour je ne sais quelle raison, lui a ensuite dit de changer de place : à côté de moi. Après quelques minutes, nous voilà, Pauline et moi, à papoter comme des copines de longue date, tellement contentes de pouvoir parler français. Et le petit bout de femme que j'ai aperçu s'est vite révélé être une jeune femme de 19 ans, en médecine, très courageuse et témèraire.
Et au siège d'à côté de notre banquette du fond, un Népalais, Minu. En peu de temps, nous voilà à parler tout le long du trajet tous ensemble.
À l'arrivée de ce trajet mouvementé, Pauline a été récupéré par un intendant de l'orphelinat et Minu et moi on a partagé un taxi qui m'a emmené à mon auberge Kiwi bagpackers, recommandée par Maxime à Katmandou. Très bonne ambiance dans cette auberge avec un petit déj délicieux, le tout pour 5€ la nuit. Et j'ai même pu jouer aux échecs au réveil sur un vrai échéquier et voir si tout ce que Niels m'avait appris en Mongolie me restait en tête. Bon l'Espagnol en face de moi avait clairement un meilleur niveau mais j'ai appris de lui au passage. Seul bémol dans cette auberge pour moi : repaire de fumeur de weed.
Dès le lendemain, on s'est retrouvé avec Pauline pour déjeuner au bord du lac de Pokhara. Elle m'a débriefé son arrivée à l'orphelinat puis on s'est loué des vélos pour aller à la grotte Gupteswor avec stalagtites comme des diamants et cascade cachée, avant de rejoindre cette cascade vue d'en haut, la Davis fall. L'heure étant venue pour Pauline de rentrer à l'orphelinat, j'ai continué seule jusqu'à la stupa qu'on voit du lac tout en haut de la colline : la World peace stupa.
En chemin, un chauffeur de taxi m'a proposé de m'y emmener et à moi en souriant de lui dire que j'ai un vélo et qu'en plus j'ai des jambes solides pour mon trek de 5 jours que je commence demain. Je rigolais moins 10 minutes plus tard quand je poussais mon vélo, sans tongs avec les pieds noirs en plein cagnard en croisant les locaux qui me regardaient en souriant de leut taxi. Le monde à l'envers. Parceque ça monte sévère par la route. J'ai bien sûr hésité à faire demi tour à plusieurs reprises mais par principe, j'ai pas lâché et suis arrivée au sommet 1h après, trempée mais satisfaite pour découvrir cette stupa avec tous les lieux importants dans la vie du Boudha.

Cascade Davis Falls

Pauline et moi juste devant un ... ?

World peace stupa














Le soir, c'était farniente au bord du lac devant le splendide coucher du soleil face aux montagnes qui se reflètent sur le lac.

Coucher de soleil sur le magnifique lac Phewa au coeur de Pokhara encerclé de montagnes

Le lendemain donc, début du trek avec Unlimited trekking. J'ai eu un super accueil de la part du gérant et on a choisi ensemble le trek adapté au nombre de jours que je souhaitais faire et à la difficulté. J'ai donc choisi le trek Mardi Himal sur 5 jours. En photo, l'ensemble des treks possibles avec leur durée et difficulté.



Bien sûr, j'ai négocié le prix pour qu'on tombe sur un prix raisonnable car c'est la saison basse : 121€ pour 5 jours avec guide et hébergement mais hors nourriture. Et aussi avec mon permis de trek inclus. Car oui, on ne peut pas partir trekker sans ce fameux permis qui coûte 40€. Il est bleu pour les trekkers avec un guide et vert pour les trekkers sans guide et doit être présenté aux checks points sur le trajet.

Permis de trek

Le premier jour du trek est donc arrivé : c'était de la rigolade, on a marché 2h et on est arrivé dans la famille. On a bu du thé tout l'après midi, et du vrai Nepali tea : du thé noir avec du lait de buffle et légèrement sucré. Après le thé au lait de yak en Mongolie, le thé au lait de buffle au Népal. Trop fan.
Et j'ai passé l'après midi à leurs côtés, au rythme de la vie locale, entre silence, discussion et lecture avant de rejoindre ma chambre, qui ressemblait au garage de mes parents, avec un lit comme celui d'un couvent et une batterie reliée à une prise en guise d'éléctricité après une douche froide sous un robinet. Je ne peux expliquer pourquoi j'ai adoré ce moment qui m'a beaucoup émue.

Début du trek de 5 jours ! Let's gooooo

Vue sur la vallée



Ma chambre dans mon resort 5 étoiles

Partage de vie locale avec la tenue traditionnelle

Préparation du repas

Dhal Bat




L'heure du bain

Le 2ème jour, fini de jouer, réveil 5h du mat' et Khel, mon guide, m'a fait marcher, enfin escalader, pendant 8h durant pour arriver au camp bas à 2500 mètres.
KO la fille.
C'est dans ces moments là que je suis bien contente d'avoir pris mon huile essentielle de lavande qui sert de décontractant musculaire, d'anti-démangeaisons contre les piqûres d'insectes et d'apaisant après-coups de soleil. Multi-usages très appréciable en voyage.
Et ce jour là, on est arrivés en milieu d'après midi au Forest camp. Comme il n'y avait pas un touriste en cette période de saison basse, la famille m'a invité à manger dans leur cuisine avec eux et mon guide. Enfin cuisine, c'est des murs en terre cuite, tout comme la gazinière où ils cuisent tout au feu de bois.
Et on a passé la soirée à se marrer, surtout quand je leur expliquais que nous on coupe les queues des chiens avec mon père au cutter et que je suis son assistante pour tenir le chiot car le Springer spaniel avec la queue courte c'est mieux. Et là, le papa de la famille s'est mis à faire le zouave et imiter le chien avec une queue courte. Quelle soirée.
Au lit vers 21h pour un réveil à l'aube est devenu mon nouveau rythme. Khel m'a même dit que pour l'Everest, ils se lèvent à 3h du matin.



Oui oui c'est de la weed au milieu du jardin. Normal.


Le 3ème jour, dernier jour de montée. Comme on a dépassé les 3000 mètres, on a croisé un troupeau de yaks car ils ne vivent qu'en haute altitude. On marchait à travers les nuages, ce moment était magique, on ne voyait pas grand chose, la vapeur d'eau impregnait mes cheveux et l'ambiance apocalyptique et mystique qui y règnait était fort particulière. J'ai même pris un thé au lait entre les nuages, le plus haut thé de ma vie. Une fois arrivée au camp haut qui culmine à 3700 mètres, j'ai dévoré un plat de pâtes. D'ailleurs, plus on grimpe, plus les prix sont élevés du fait de la difficulté d'approvisionnement. Les prix sont fixés par le gouvernement selon l'altitude et le menu est le même dans tous les camps. Compter un plat à 5 ou 6€ au plus haut. Très cher pour l'Asie.
Le soir, des travailleurs locaux sont arrivés et jouaient en buvant du raksi, le ''vin'' local. J'y ai goûté d'ailleurs. On m'a ammené une tasse en aluminium avec un liquide transparent. Euh, j'ai demandé du vin. Je l'ai porté à ma bouche. C'était chaud. C'est quoi ce vin. Et ça avait le goût de la goutte que papa a à la maison. Pour la Française que je suis qui doit tirer un trait sur son Mouton-Cadet ou son Pomerol qu'elle affectione tant.
La nuit que j'ai passé au camp haut a été mouvementée car un énorme orage des montagnes a tonné toute la nuit. L'avantage, c'est qu'à mon réveil à 5h du matin le ciel était dégagé et j'ai eu une super vue matinale.

Au dessus des nuages

Ambiance tellement mystique

Troupeau de yaks à l'horizon maydey maydey


Tête à tête avec mon petit yak







Le thé le plus haut de ma vie





Ma chambre grand luxe

Ma salle de bain avec eau courante, eau chaude et tapis de bain
5h du mat et un panorama de rêve 












Annonçant une 4ème journée sous le soleil cette fois. J'ai donc eu la chance d'avoir l'ambiance nuageuse mystique puis ensoleillée dégagée. J'ai souffert pour ce jour de descente avec mes genoux qui ont pris chers. En arrivant au camp après 5h de descente à travers la jungle et un troupeau de chèvre, je ne pouvais plus bouger.
Heureusement, je n'ai pas eu la maladie de l'altitude, la fameuse AMS qui survient plus on monte en altitude et ce quelque soit l'expérience ou la condition physique de la personne.











Le 5ème et dernier jour, on a rejoint la vallée avec une descente plus facile. On a fini par prendre un bus pendant 1h à travers les villages, les ruisseaux à traverser et les chemins de caillasses à franchir sans crever.










De retour à Pokhara, le retour à la civilisation fait un petit choc. J'ai trouvé un petit hotel Hakoniwa en direct d'un café qui avait une chambre individuelle pour 7€. Une fois arrivée à l'auberge, ma chambre était super, j'étais ravie. Ca tombait bien car mes jambes n'étaient plus aptes à bouger d'un iota.


Après 2 jours de repos complets et un super massage, j'ai retrouvé Pauline. On a été chanceuse de se rencontrer, on a passé de supers moments ensemble à Pokhara. En plus d'être reposante et magique, cette ville a tout ce qu'il faut pour passer du bon temps. J'y suis donc restée 2 semaines, pour cette raison mais aussi parceque les personnes que j'y ai rencontré étaient top.
Avec Pauline et Maud, l'autre volontaire française de l'orphelinat, on était tous les jours ensemble entre dîner spectacle de danse népalaise, balade en bateau sur le lac, jus de mangue mango slush à Métro, petits restos locaux et apéro au bord du lac. On a pu échanger sur tous un tas de sujet et on a aussi célébré plusieurs événements importants pour Pauline : elle a fêté ses 20 ans au Népal et a aussi eu ses résultats de ses examens de première année de médecine à Nice. On était ensemble quand elle a appris qu'elle était classée 5ème...sur 1500. On était trop fière d'elle.

Maud, Pauline et moi en mode bateau





Spectacle de danse népalaise




Vache joueuse. Elle m'a bien fait sursauter planquée derrière son mur






On s'est fait l'Everest



Juste avant de partir de Pokhara, j'ai voulu faire un baptème de saut en parapente. Alors oui c'est un peu cher, 12000 NPR, soit 100€ les 30 minutes. Sachant que les prix fluctuent selon les saisons, parfois c'est à 70€ parfois 150€ mais le prix est pareil dans toutes les compagnies car les prix sont fixés par le gouvernement.
Ce qui fera la différence ce sera donc le rapport humain.
Et ça tombait bien car Minu, le Népalais rencontré dans le bus de Katmandou à Pokhara, était parapentiste donc le choix a été vite fait. D'ailleurs Pauline a fait un saut avec un de ses copains le jour de ses 20 ans. J'ai donc contacté Minu aussi et le lendemain matin, il est venu me chercher à moto à mon hôtel, m'a offert un café et m'a emmené à l'office.
C'est donc avec son super copain Anchal que je ferai mon saut. Sur le trajet, j'avais les mains moites car je flippais un peu. En haut de la montagne, Anchal m'a donné les quelques instructions pour le décollage et nous voilà dans les airs. Que de sensations ! Hallucinant ! La liberté, le flottement dans les airs à côté des aigles, quelques figures acrobatiques fortes en sensations, le pied !

Parapente avec les aigles

Anchal et moi



Au retour, Minu m'a proposé de nous faire découvrir quelques endroits sympas de Pokhara avec Pauline et Maud avant notre départ. Les filles étant dispo, Minu a appelé un autre de ses copains Mahindra et accompagné d'Anchal, on est parti chercher les filles à moto et c'est parti pour l'aventure. On a fait 45 minutes de route derrière eux sans casque sur des routes-chemins avec tellement de pierres que je ne sais toujours pas comment on a fait pour ne pas crever. C'était flippant et trop cool en même temps. Ce qui rassure, c'est que eux sont nés ici et que conduire sur ce type de chemins, qui sont clairement des chemins de motocross pour nous, sont des chemins usuels pour eux et qu'ils y sont habitués. Ils nous ont emmenés à un point de vue seulement connu des locaux avec une vue à 360 degrés sur la vallée de Pokhara, splendide. On est restés ici de longues heures, entre raksi et nouilles cuisinées par Anchal que j'ai été cherché avec lui dans la ferme en bas où j'ai bu une tasse de lait de buffle,...




 C'est parti pour l'aventure

















Le retour, toujours aussi folklo, on a déposé les filles à l'orphelinat avec 3 heures de retard et moi à mon hotel. Pour le dernier soir de Pauline, on avait prévue de se faire un resto toutes les trois mais du coup, on les a invité pour les remercier et on a fini cette super journée sur des barques sur le lac sous le ciel étoilé à écouter de la musique. Vers 2h du mat, on est rentrées toutes les trois et le moment des aurevoirs était arrivé. Très émue de laisser ma petite Pauline mais je lui ai légué le livre qui m'a accompagné pendant ces trois premiers mois de voyage avec ma petite dédicace.
Le lendemain, Minu est venu me chercher à moto pour mon dernier jour et avec Anchal et Mahindra, on a passé notre dernier après midi relax à un autre point de vue sur le lac avant notre dernier dîner. Bye bye les copains.




Quatrième secousse : le moment de quitter Pokhara est arrivé à regrets. C'était reparti pour 12h de bus pour aller à Lumbini. Départ 8h du matin. Dommage qu'il y ait peu de bus de nuit au Népal.
À la fin de ce secouant trajet, me voilà enfin arrivée à Lumbini, le lieu de naissance de Bouddha officialisé par l'Unesco avec ses jardins. Comment m'est venue cette idée d'y aller ? Et bien c'est dingue comme des choses insignifiantes peuvent devenir une lubbie : plus jeune, j'adorais la série Sydney Fox l'aventurière et son premier épisode était sur les traces du Bouddha à Lumbini. Depuis ce jour, je voulais y aller. Et bien voilà, j'y suis.
La température à Lumbini est beaucoup plus chaude qu'à Katmandou ou Pokhara donc pour aller passer la journée dans les jardins, 2 à 3 litres d'eau n'étaient pas de trop. Il n'y à ''que'' ça à faire dans la sauvage ville de Lumbini mais ça vaut le détour. Au moins une journée complète est nécessaire car les jardins sont immenses.
Le Mayadevi temple, le lieu exact où la mère de Bouddha, Mayadevi, a accouché, a une architecture assez particulière mais l'intérieur est beaucoup plus captivant avec avec la marker stone et la stelle. Et à l'extérieur le bassin d'eau et la colonne de Pila.

Sauvage Lumbini



Baby Bouddha



Mayadevi temple







Surtout ne partez pas tout de suite. Dans la 2ème partie, il y a des temples de chaque pays du monde et c'est super à voir. Autant des fois, dans un pays, ça peut être un peu rébarbatif de voir toujours les mêmes temples, autant là chacun est différent et c'est magnifique. Mes préférés : le temple du Sri Lanka, de l'Allemagne et du Cambodge. Pour ceux qui ont suivis mes aventures jusque là, vous reconnaitrez quel est le bâtiment représenté dans le temple du Myanmar ou celui de la Chine. Alors ça donne quoi ?

Temple du Cambodge

Temple de l'Allemagne







Temple de la Chine. Je suis je suis ?





Temple du Myanmar. Je suis je suis ?





À la fin de cette longue journée de marche sous une chaleur torride, j'avais hâte de me reposer à mon hôtel. Mais la vie de voyageuse est pleine de rebondissements et à mon arrivée, le gérant m'a dit que je ne pourrai pas prendre mon bus demain pour Katmandou car les routes sont bloquées pour 2 jours à cause d'une manifestation communiste puis d'éléctions locales. J'ai cru qu'il me faisait une blague mais non. Du coup, comme mon vol était 2 jours plus tard de Katmandou, il a chevauché sa moto pour aller me prendre un billet en catastrophe pour le soir même. Ouf ils avaient un bus de nuit cette fois et encore un siège de dispo. Enfin, ouf, tout est relatif. Le trajet de nuit, avec un chauffeur excité qui roulait comme un dingue sur les routes défoncées entre les montagnes et de nuit sans éclairage public avec des fenêtres qui s'ouvraient tout le temps laissant passer quelques gouttes de pluie, j'avais pas trop le sommeil profond. Par contre, le mec assis à côté de moi, oui. Voilà son bras qui s'affale sur moi. Et une fois le bus stoppé pour une petite pause, j'essaie de le réveiller pour sortir. En vain. Bon bah me voilà grimpée sur mon siège à l'enjamber.

Cinquième secousse : au petit jour, enfin arrivée et en vie, mes baskets au pied pour affronter les rues de boue de Katmandou. Direction une nouvelle auberge. Je priais pour qu'elle soit meilleure que les précédentes. Que dalle.
Après une petite sieste, je suis partie passer l'après midi au merveilleux Garden of dreams. Un endroit paisible en plein coeur de l'effervescente ville de Katmandou.

Garden of dreams à Katmandou




Le lendemain, je voulais profiter de ma dernière journée pour aller vsiter un autre des lieux inscrits au patrimoine mondial de l'Unesco : la cité de Bhaktapur dans la vallée de Katmandou. Et qui était le mieux placé pour m'accompagner à votre avis ? Suda San évidemment.
Il est venu me chercher après le petit déj et on est parti prendre un bus local jusqu'à l'ancienne cité royale, actuellement habité par la majorité ethnique des Newars. Le prix de l'entrée est exorbitant (15000 NPR, soit15€) et ressemble énormément au Durbar Square de Katmandou. Sa particularité : son palais royal avec 55 fenêtres en bois sculpté, une pour chauqenfemme et le temple Nyatapola avec ses 5 toits superposés.









Un guide nous a expliqué 2-3 trucs mais Suda San a commencé à l'embrouiller parce qu'il n'était pas assez précis sur ses explications et détails. Faut dire que Suda San est tellement cultivé que les autres guides n'ont pas de chance quand ils tombent sur lui. Du coup, on lui a filé 100 NPR et on s'est cassé et il m'a emmené dans un bouiboui où je ne serai jamais rentrée seule pour manger une sorte de yaourt local au citron très crémeux. Restée sur ma faim avec ce Durbar Square, il m'a proposé d'aller à Nagarkot d'où on peut voir l'Everest. En buvant un Slice en attendant le départ du bus, qui était déja blindé, je lui ai dit en rigolant qu'on avait qu'à aller sur le toit. En moins de 2 secondes, il était parti et revenu en disant ''c'est bon on peut aller sur le toit une fois qu'on a fini la route principale''. Et voilà, comment j'ai fini sur le toit d'un bus au Népal cheveux au vent en esquivant les fils éléctriques qui nous passaient au dessus aprés un début du trajet sous les aisselles de Népalais dans ce bus blindé. Ensuite, on a marché un bon moment jusqu'au sommet en se tapant des fous rires entre deux discussions animées sur Bouddha, les réincarnations, la trimurti et j'en passe. Le temps était nuageux donc on n'a pas pu voir l'Everest mais c'était sympa.

Sur le toit d'un bus dans le pays du toit du monde 







 Le retour aussi : on avait loupé le dernier bus. J'ai cru que j'allais le tuer à ce moment. Du coup, on a repris un Slice le temps de trouver un système D et on a commencé à marcher. On avait au moins 2h30 de marche et la nuit commencait à tomber. En route, on a vu un taxi, on lui a demandé de nous emmener mais Monsieur a refusé car il était ''relax'' qu'il nous a dit. Incroyable. Seconde voiture, j'ai essayé de l'arrêter, le chauffeur a fait non de la tête. J'hallucine. Et un autre taxi qui passe quelques minutes plus tard, il était d'accord mais pour un prix exorbitant. On a négocié un peu mais c'était quand même 15 000 NPR (15€) pour rentrer quand le bus coûte 50 NPR. Suda San a tenu à payer alors que j'insistais pour payer la moitié. Parceque pour moi c'était déjà cher alors pour un Népalais... Mais il a catégoriquement refusé. Je lui ai dit aurevoir en lui faisant une accolade ce qui l'a surpris car il est du genre pudique et il me serrait la main jusque là. En rentrant, je me suis vraiment sentie con d'avoir été suspicieuse sur ces intentions au début car il n'en a voulu ni à mon argent ni à mon cul et c'était même carrément l'inverse.
Du coup, le lendemain avant de rejoindre l'aéroport, j'ai demandé au taxi de m'arrêter à Pasupatinath, là où on s'était connu. Un mec à l'entrée m'a demandé si je cherchais quelque chose, je lui ai dit que oui je cherchais Suda San, il a appelé son pote qui avait son numéro et en quelques minutes, ils étaient 3 autour de moi comme si c'était une affaire de la plus haute importance. Quelques secondes plus tard, Suda San est apparu et je lui ai offert pour le remercier un cheeroot du Myanmar et on est parti se boire un dernier Slice avant le départ.

L'heure du départ avait sonné et celle du bilan aussi : ce que j'ai le plus apprécié au Népal, c'est d'avoir pu rencontrer ces locaux et mes Françaises sur de longues périodes en les découvrant plus en profondeur. Tout en évoluant dans un univers perturbant, magique et mystique en même temps. Ce pays restera dans ma chair sans nul doute.

Commentaires

  1. Merci de pouvoir suivre ton aventure. Ta plume est magique, on a l'impression d'y être. J'avais hâte de pouvoir de nouveau te lire et je n'ai pas été déçue. A très bientôt pour un nouveau voyage à travers ton blog. Je te souhaite encore de belles rencontres au fil de tes voyages. Murielle

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  2. Hé ben Mathilde, on peut dire qu'avec ce chapitre tu as atteint un sommet !
    Se faire l'Everest, mazette !

    Nous avons bien ressenti les secousses. Dès le début, que ce soit quand tu décris des rues de Katmandou ou des rites hindous de crémation, ça décoiffe. Et le holyman qui mange des cadavres ! Et "celui qui peut soulever des pierres avec son attribut masculin" ! (Si, si, on est bien allé voir la vidéo). Etc... Etc..

    Nous te lisons comme un roman.
    Avec Suda San, nous avons même eu droit à un moment de suspense. En tout cas, nous avons la confirmation que tu te connais bien, et que tes pieds sont bien sur terre, même s'ils sont en altitude (sauf quand tu fais du saut en parapente😊)
    Nous voilà pleinement confiants, aussi, pour la suite de ton voyage.
    D'autant plus confiants, quand tu nous évoques tes souvenirs de Corse et d'ailleurs, avec ce "goût de l'aventure qui s'est emparé de toi"
    A ce point de ton voyage, nous en arrivons à anticiper la fin. Comment va-t'elle faire avec ce goût de l'aventure "dont on ne peut plus se passer" ?
    Mais chut ! On a le temps d'y penser.
    Poursuit tes treks de baroudeuse, profite de la beauté de tes découvertes, cultive l'amitié avec tes nouvelles rencontres comme Pauline et Maud, et continue à garder les pieds bien sur terre.

    Gros bisous de nous deux.

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