Un thé en Ethiopie - Addis Abeba, Gondar, Axoum, Dallol, Lalibela, Bahir Dar

L'Ethiopie, toute une histoire.
D'abord, parce que c'est là que tout a commencé : le berceau de l'humanité avec Lucy notamment, ce squelette humain presque complet considéré comme le plus ancien découvert dont on se souvient tous dans nos livres d'Histoire. Comme un sentiment d'être à la source des origines du monde. Du livre de classe à la réalité du terrain.

Mais aussi avec les villes saintes historiques, sur les traces des fiers empereurs éthiopiens, en passant par la légendaire Makeda reine de Saba, aux églises creusées dans la roche de Lalibela.
Un concentré historique, plutôt rare pour un pays africain.

Et aussi et surtout, au-delà de ces villes, le joyau nature du pays : la dépression du Danakil avec le mont Dallol et le volcan Erta Ale actif et rempli de lave en fusion. Fabuleux.

Site géologique du Dallol dans le désert du Danakil

Mais l'Ethiopie se mérite. D'autant plus en tant que voyageur individuel.
Ce pays est difficile à découvrir car il bouscule, énerve, fait peur, irrite,...
Et oui, loin du cocon des voyages de groupe organisés que l'on rencontre aisément à travers le pays, le voyageur individuel devra faire face à l'absence de développement d'infrastructures pour bagpackers et se frotter aux transports locaux et se plonger dans la vie locale rudimentaire. Toute une histoire ici encore.

Voilà pourquoi j'avais volontairement choisi de finir mon voyage par l'Afrique et non d'y commencer.
Parce que oui, c'est un continent où il est difficile d'y voyager et qui est plutôt adapté aux voyageurs avertis et ''expérimentés''.
Les voyageurs rencontrés sont d'ailleurs complétement différents de ceux rencontrés sur les autres continents. Il est rare d'y croiser des très jeunes ou des ''premiers'' voyageurs.

Allez, on y va.

Arrivée à la capitale, Addis Abeba. Bon, comment dire...

Primo, j'y suis arrivée avec plusieurs retards d'avion depuis la Tanzanie avec la compagnie Kenya Airways, dont j'apprendrai plus tard que non seulement elle est super mal réputée dans le classement mondial des compagnies aériennes mais aussi que si j'etais entrée en Ethiopie avec leur compagnie nationale, Ethiopian airlines, une des meilleures au monde, j'aurai ensuite pu béneficier de vols internes dans le pays à moitié prix. Étrange comme pratique.
Mais à bon entendeur pour les futurs voyageurs en Ethiopie.
Surtout que l'Ethiopie est très vaste, montagneuse et les routes souvent en très mauvais état donc l'avion est utile pour ne pas se taper des jours et des jours en bus sur des routes chaotiques de montagnes.
Et puis ici, c'est simple, pas de concurrence : une seule compagnie aérienne, Ethiopian Airlines, une seule compagnie téléphone, Ethio Telecom, une seule chaîne de télévision,...Bref, la liberté du choix.

Secundo, déséchée, je m'achète une petite bouteille d'eau à la sortie de l'aéroport et je constate que le gentil monsieur ne m'a pas rendu toute ma monnaie. Je le regarde, il me regarde, on se regarde. Et il me rend le reste du change de lui même. Bon ok passons.

Tertio, je n'avais pas réservé d'hôtel, comme souvent maintenant, mais juste sélectionné quelques hôtels pour les ''vérifier'' sur place.
Je comptais prendre leur mini-bus bleu et blanc pour me rendre dans le quartier souhaité quand, finalement, je me suis mise d'accord sur un prix correct avec un taxi. Et ça me permettait de gagner en flexibilité géographique. Ok adjugé.
Et là, le debut des ''énervements'' a commencé : le chauffeur ne savait pas trop où était le quartier que je lui avais indiqué et c'est donc moi qui l'orientais dans les rues avec mon plan Maps.me.
Un chauffeur de taxi qui ne connait pas sa ville, le genre de truc qui m'agace.
En plus, impossible de trouver l'hôtel que je voulais car rien d'indiqué dans la rue et lui qui se perd, qui essaie de faire demi-tour et que je vois galérer,...
Bref, je lui dit donc gentiement qu'il ne s'inquiète pas et qu'on va trouver un autre hôtel dans le même périmètre. Plein. Ok pas grave. Je demande à la réceptionniste de m'en conseiller un autre dans la même gamme tarifaire dans le coin. Et, sympa, elle appelle pour moi pour vérifier qu'il est disponible.
On y va et, même si ce n'est pas du grand luxe, c'est confortable donc je prends.
Et là, je tends mon billet au chauffeur, un billet de 100 birrs (3 euros) comme convenu et je lui rajoute un 50 parce qu'on a bougé un peu.
Et lui, gonflé, il me demande 500 birrs en ne voulant pas lâcher l'affaire.
Ca a fini avec une belle discussion très houleuse qui m'a bien enervée dès mon arrivée dans le pays.
Je lui ai laissé 200 au total en lui disant de partir sur le champ et à la recéptionniste de lui dire de dégager aussi car il ne voulait pas partir. 

Quatro, je vais me balader dans les rues de la capitale, qui n'a vraiment rien de folichon, pour acheter deux-trois trucs. Et, en regardant sans faire exprès la monnaie rendue alors que j'essayais de me rappeler comment on dit merci en amharique, le mec a cru que je vérifiais ma monnaie et m'a dit ''desolé c'est mon erreur'' et m'a rendue plus de monnaie.
Donc en gros, j'essayais de le remercier dans sa langue en guise de courtoisie quand lui essayait de m'arnaquer en faisant passer ça pour une erreur.
C'est vraiment un sport national ici d'essayer de gratter quelques birrs incognito quasiment à chaque fois.
Et jusqu'à la fin de mon séjour, c'était la même chose.
Bref welcome hein.
Ce n'est donc pas de l'accueil des Ethiopiens dont je me souviendrai.

Par contre, et c'est difficile à croire, c'est dans ce même pays qui m'a tant bousculé, que j'ai vécu l'expérience ''nature'' la plus fabuleuse de toute mon année de voyage. No pain, no gain...

Le temps de 2-3 jours à la capitale pour définir mon itinéraire, m'y balader, rencontrer mon contact local Getachew et découvrir la ''gastronomie'' locale ensemble ainsi que le mercato et le squelette de Lucy au musée national, me voilà grimpée dans mon premier bus. Direction Gondar, en remontant vers le Nord.

Quand Lucy est devant toi...

Un petit tour au marché super calme et tranquille



Beurre de faux bananier

C'est du lourd, n'est ce pas ?

Quand Getachew sait comment me faire oublier l'accueil désagréable de mon arrivée en Ethiopie avec du vin au miel, le tedj, bu dans une ambiance agréable 

Alors ici, les bus ne circulent pas après 18h pour limiter les accidents donc ils partent tous à l'aube pour avoir le temps d'effectuer les trajets, souvent très longs.
Du coup, ça fait beaucoup de jours ''pleins'' en bus : 5 jours au final pour moi sur 1 mois dans le pays.
Voilà pourquoi je préfère les bus de nuit pour ne pas prendre plein de temps sur les jours de découverte. Et puis avec leur bus à 5h du matin, je ne me suis jamais levée aussi tôt si regulièrement et sentie aussi déphasée.
Et quand je dis très longs trajets, j'entends 14h pour faire 650 kms.
Et oui, c'est pas l'autoroute ici. Et les virages, c'est cadeau.
Pour un coût de 460 birrs, soit 14 euros, avec Selam bus, on va dire que le rapport qualité-prix est proportionné.
Et autre cadeau bonus : ma voisine qui a vomi tout le long du trajet dans son petit sachet plastique. La pauvre. Et elle était pas la seule dans le bus. J'y ai echappé par je ne sais quel miracle mais j'ai mieux compris pourquoi il y avait des sachets plastiques à chaque siège. Et moi qui imaginais cela comme un début de conscience écologique pour ne pas jeter les déchets par la fenêtre. Et bien non. Car ces petits sacs noirs finiront tout de même jetés par la fenêtre, avec du vomi en prime.

J'aurai bien voulu échapper à la pause pipi aussi...
Pour imaginer un temps soit peu la scène, il faut planter le décor : le bus s'arrète enfin quand ta vessie est au bord de la rupture après ces litres d'eau sous cette chaleur et là, tu constates que le bus est arrêté au milieu de nul part et qu'il n'y a pas de risque de trouver des toilettes ici.
Et puis tu vois que les gens partent un peu dans tous les sens dans les collines.
Ah ok, donc là, tu me conseilles d'aller trouver un petit coin pénard pour cacher mes seules fesses de blanche en évitant tous les gens sur le trajet.
Être mis dans le bain direct comme on dit...
À l'abri d'un buisson du côté opposé où la majorité allait, me voilà soulagée en scrutant l'horizon de la quelconque irruption. Et bien surprise, là 3 femmes arrivent tranquillou pour leur pipi et passent à côté de toi en pleine action avec une banalité déconcertante. Allez check.
Et ça, c'était pour chaque voyage en bus.
À la fin, j'étais même la pro du repérage du petit coin, version pampa africaine.
Elle est loin l'aire de repos de nos autoroutes.

Me voilà donc enfin arrivée à Gondar pleine d'espoir pour un nouveau départ avec la population, après l'accueil décevant à la capitale.
Après cette longue journée mouvementée en bus, une seule envie : du repos.
Mais avant, il y a encore tant de choses à affronter.
Bien oui, parce qu'à la sortie du bus, tu vas te faire encercler avant même d'avoir récuperer ton bagage, on va te proposer un taxi 10 fois plus cher et on va te suivre pour te proposer des tours. Du quotidien. Donc évidemment, c'est ce qui est arrivé.
C'est un petit jeune de 24 ans qui m'a suivi. Comme l'hôtel que j'avais repéré ne me convenait pas, je lui ai demandé s'il n'en connaissait pas un autre pas très loin. Pour le coup, il a respecté ce que je lui demandais, à savoir un hôtel pas trop cher. Alors oui, pour 5 euros la nuit, je lui ai dit merci mais fallait pas être regardant. Je crois même que le vert au plafond de la salle de bain était de l'amiante. Heureusement, j'etais très fatiguée.
Le jour d'après, avant de partir en exploration, j'ai fait mon tour de plusieurs hôtels aux alentours et m'en suis trouvé un nouveau, le Lodge fasil, en face du château. Avec petit jardin et grand lit, négocié à 17 euros avec petit déjeuner, merci.
Parce qu'ici, les auberges de jeunesse avec dortoir ça n'existe pas donc il faut s'habituer au fait d'avoir une chambre individuelle.
Oui, il y a pire. Mais le corrolaire, c'est qu'on ne rencontre pas de bagpackers mais plutôt des locaux.

D'ailleurs, le petit local qui m'avait suivi, Mike, m'a aussi fait découvrir un restaurant, le Tele kafe, où j'ai enfin pu manger quelque chose de varié et même une pizza correcte.
Bien oui, parce que la découverte de leur crèpe locale, l'injera, le premier jour, c'est sympa. Mais après 1 semaine de ce goût fermenté proposé à tous les repas, un peu moins.
Et comme je n'aimais vraiment pas ça, c'est vite devenu compliqué de me nourrir correctement pendant 1 mois.
La spécialité locale qui m'a fait survivre, c'est le tibs ou teps, ces petits morceaux de viande revenus avec oignons, herbes et poivrons et servis dans un plat en fonte. Brut, sans accompagnement bien sûr.
Et puis ils font 2 jours de jeûne par semaine, les fasting days le mercredi et le vendredi, où il est difficile de trouver de la viande.
Pour la très bonne mangeuse que je suis, j'ai dû prendre sur moi.
Et pour ne pas dépérir, je partais en quête du restaurant d'un hôtel ''luxe'' pour y trouver une cuisine suffisamment consistante.

La crèpe locale injera, qui fait office d'assiette et d'accompagnement. Avec ses petits mets de légumes. Et avec la bière locale Saint Georges en hommage à leur vénéré saint.


Encore de l'injera pour le dîner. Y a quoi d'autre sinon ?

Pour varier un peu...bien c'est omelette et spaghetti. Ok vas y balance. Pour le pain, par contre, je suis pas sûre d'en avoir assez. 

Tibs. Miam miam. Ils ont quand même réussi à me glisser un bout d'injera sur le côté.

Et au passage, je profitais de leur wifi.
Car oui, là aussi, c'est du lourd.
Même pour un simple envoi de messages whatsapp, il y a le sablier qui s'affiche.
Dans le cas où ils ont du wifi, on est sur du très très bas débit, du jamais vu.
Et dire qu'en France, je pouvais m'exciter après 5 secondes où la page internet ne s'ouvrait pas. Pour cultiver la patience de la connecticité, vive l'Ethiopie.
Donc pour avoir une connexion correcte, au moins pour un appel visio, le seul moyen que j'ai trouvé était d'entrer dans un hotel ''luxe'' où ils ont souvent une bonne connexion. En prenant seulement un thé au bar de l'hôtel, me voilà connectée.
Du coup, ça m'a fait encore plus déconnecté dans ce pays, mais sans le vouloir.

Et puis à Gondar, j'y suis arrivée pour Noël. Et on était pas le 25 décembre pourtant.
Bien oui, parce qu'ici, on est dans un pays à majorité chrétien orthodoxe et Noël est indexé, non sur notre calendrier grégorien, mais sur le calendirer julien. Noël au balcon, c'est donc le 7 janvier.
Sans compter qu'au-delà de son calendrier religieux, l'Ethiopie a son propre calendrier. Avec une année commencant le 11 septembre et 7 ans de moins que chez nous. Au moins, ça fait rajeunir. Dans la peau d'une fille de 22 ans à nouveau, c'est cadeau.

Les Ethiopiens étant très pratiquants, ce sont toutes les villes qui préparent Noël, et d'autant plus dans les villes saintes de l'Ancien Empire que sont Lalibela, Axsum et Gondar.
Avec de l'herbe au sol en guise de bienvenue et les femmes qui sortent leur robes traditionnelles pour l'occasion, c'est très original.

Les robes blanches brodées seulement de sortie pour le Noël orthodoxe



Célébrer 2 fois Noël dans la même période, quelle belle surprise.
Et autre surprise, j'ai aussi été invitée à manger pour Noël.
Quand j'ai dit à Mike que je voulais trouver un endroit où manger du poulet, il m'a dit de venir pour Noël. Me voilà donc chez sa voisine, une femme très vieille, à tel point que la couleur de ses yeux est devenue bleue, qui m'accueille dans sa sobre demeure et qui me fait servir le poulet qu'elle a préparé pour Noël par son petit fils de 7 ans marqué d'une cicatrice au visage après la morsure d'un chien. C'était très touchant. Du coup, même si la maigre cuisse de poulet me brûlait intérieurement avec sa sauce super épicéee, je me forcais à l'honorer. Car elle veillait à ce que je ne manque de rien.

Et elle m'a même servi le café dans les règles de l'art éthiopien. Oui je dis bien un art. Car ici, le café c'est une vraie cérémonie. Les fraîches graines de café arabica sont rincées, torréfiées et broyées sur le moment.
Puis le café est infusé et servi dans des petites tasses sans anse, par une femme uniquement, assise sur son petit tabouret en brûlant de l'encens en même temps pour embauler l'hôte des odeurs du brasero. Le tout accompagné de pop corn et diverses graines. Magnifique.
Et ce café est juste un régal. Dixit une fille qui ne boit jamais de café, c'est dire. Alors qu'ici je pouvais m'en faire 3 à 4 tasses par jour tellement il était doux et savoureux. Ça m'en a presque fait oublier le thé.
Pour les amateurs de café, l'Ethiopie est donc un vrai paradis. Et puis pour les passionés, le voyage en Ethiopie est obligé car c'est ici même qu'a été découvert le café. Oui oui, en Afrique, pas en Amérique de Sud.
Des chèvres, des baies rouges mangées par les chèvres, des chèvres excitées, un berger intrigué, un berger allant voir les savants moines, les moines savants ne croyant pas le berger, les moines jetant ces graines au feu, une odeur délicate dégagée, une idée de les mettre à bouillir.
Et voilà, comment des milliers d'addicts à travers le monde sont apparus.

Préparation de la cérémonie du café








En tout cas, après ce généreux repas, plus que repas généreux, j'ai demandé à Mike si je pouvais donner un billet à sa voisine car je sais que le poulet est plutôt cher ici.
Il m'a dit que non, que ce serait inaproprié. Et bien ça alors, la seule fois où on ne m'a pas demandé de l'argent, et quand j'en ai proposé de bon coeur, il a été décliné.
Voilà qui m'a fait effacer les tourments de la capitale.
Mais tout au long d'un séjour en Ethiopie, c'est du véritable harcélement financier, il faut s'y préparer.

Après cette touchante invitation, me voilà avec Mike et ses copains à aller boire du tedj, le vin local au miel, et de la bière locale St Georges tout en mâchant du khat, leurs feuilles vertes soit-disant euphorisantes, avant d'aller dans leurs boîtes de nuit locales. Oui oui, des vraies boîtes de nuit dans cette petite ville éthiopienne. Avec une cohue de mâles devant la porte d'entrée ressemblant à une porte de prison avec tout le monde qui se bouscule et les vigiles qui ne laissent passer que ceux accompagnés de filles. Comme du déjà vu en Occident. Bref, un samedi soir en Ethiopie.

Mike, un de ses copains et nos bières

Une chose m'a toutefois bien fait rappeler que j'étais en Afrique : quand il a été temps d'aller aux toilettes après quelques bières. J'aurai tellement voulu m'abstenir. À passer par un petit chemin à peine éclairé dehors derrière le bar, ouvrir la porte en tole de fer, découvrir les toilettes turques en version beaucoup plus hard, pas de papier, pas de chasse d'eau, et entendre un rat jouer quelque part en hauteur. Horrible. Et c'est souvent du même style dans les restaurants ou bars ici. Au mieux, il y a un petit seau d'eau à la place de la chasse d'eau. Rien que pour ça, il faut être solide.

Version hard


Version luxe


Cette immersion dans la vie locale m'a bien bousculée, surtout quand Mike m'a dit : "Je veux faire ma vie et mourir à Gondar, c'est la meilleure ville qui soit". J'ai trouvé ça touchant et flippant en même temps. Mais ça m'a surtout marqué.
Il est vrai que la ville, qui était la capitale éthiopienne du 17éme au 19éme siècle, est vivante et que la forteresse historique de l'ancienne cité impériale de l'empereur Fasilidès, ses bains et son église sont sympas, mais quand même.

Chateau de Fasilidès


À l'intérieur de la cité impériale




Bains de Fasilides à l'exterieur de la ville. Et lieu de célébration pour la fête de Timket à Gondar.




Croisé en chemin...

Eglise Débré Berhan Selassié de Gondar

Avec ses peintures d'origine impressionnantes


Et sa Joconde éthiopienne. Qui te regarde où que tu sois.

Une fois pleine de Gondar, j'ai repris le chemin de la route historique pour me rendre dans leur 2ème ville sacrée : Axoum.
Super facile. Non je rigole.
Déjà, au bureau de la compagnie de bus, Selam bus, que j'avais pris pour venir de la capitale à Gondar, on m'a dit que les grandes compagnies du même type ne faisaient que des trajets pour la capitale et que pour les autres trajets en bus, c'était un bus local. Et bien me voilà en marche pour la station de bus locale.
Quand j'ai vu la tête des bus, je me suis dit que ça allait être sympa le trajet et que mon premier bus pour venir était du grand luxe à côté.
Bref, j'achète mon ticket à la petite cabane ouverte : 111 birrs soit 3 euros les 350 kms, on ne va pas demander le paradis.

Bienvenue à la station de bus

Et puis, c'est parfait l'horaire indiqué est à 11h. Je vais pouvoir dormir un peu le lendemain matin. Ce que j'ai fait. Et quand je suis arrivée le lendemain à la station, pas de bus, et on me dit que le prochain est demain. Mais non non, regarde mon ticket. Ah bien oui, 11h ici c'est 5h en vrai. Évidemment. Parce qu'ils ont aussi une horloge différente avec la journée qui commence à 6h en heure internationale. Donc à 6h du matin pour nous, il est 12h chez eux. Donc mon ticket à 11h, c'était 1h avant donc à 5h. Un bus loupé, un. Merci l'horloge éthiopienne.

Lever aux aurores à attendre dans le froid avec tous les locaux attendant l'ouverture de la station, entrer dans le bus, se faire intoxiquer pas les gazs d'echappement du bus d'à côté, voir son sac monter sur le toit pour libérer de la place dans le bus blindé, partir pour des heures de trajet avec la température qui ne fait que grimper, s'arréter sur ''l'aire/champ d'autoroute'' version locale pour se soulager, se faire déposer sur une route avec pleins d'immeubles non achevés. Bref, le billet d'avion était à 200 euros. On est bagpacker ou on l'est pas.

Bien sûr, ça c'est l'aspect le moins réjouissant. Mais le ying a toujours son yang, comme une pièce de monnaie a toujours 2 faces.
Ces heures de trajet avec des locaux m'ont permis d'être assise à côté d'une jeune demoiselle qui avait deux croix orthodoxes tatouées, une sur le front, une sur le menton, c'est dire l'intensité de la ferveur religieuse quand une encre indélébile est déposée sur le visage à la vue de tous.
Et puis aussi d'observer l'incroyable paysage à traverser les montagnes du Simien, avec leurs falaises abruptes alternées avec les précipices béants.
Sans compter la vie dans les villages captée en chemin avec un nombre impressionnant d'Ethiopiens affichant une croix orthodoxe autour de leur cou ou lisant la Bible.
Ou des enfants jouant avec une roue et un fil de fer ou bien collectant des bouteilles d'eau vide à recycler pour se faire quelque birrs.
Ou encore les contrôles de police au changement de région avec un poste de péage qui n'est autre qu'un bout de fil avec des sacs plastiques accrochés et gardé par des enfants.
Ou encore toutes ces femmes portant tout sur leur tête quel que soit le poids avec une dextérité innée.
Mais aussi des hommes avec leur canne ressemblant à des rois mages et leurs ânes les suivant.
Sans compter les belles meules de paille à l'horizon. Comme l'impression de comprendre Claude Monet qui en était subjugué et qui les a peintes à toutes heures et en toutes saisons dans sa série ''Les meules".

À travers le Simien




À tout âge la croix orthodoxe est portée fièrement

Quand l'eau courante n'est pas encore arrivée, le puit du village t'attend

Viens là âne bâté


Les copines de coeur

''Comme les rois mages en Galillée''

Cul nul party

Allez va jouer avec ta tablette

Tu vomis ou t'es un homme ?

Sortie d'ecole

Barrage routier sous haute surveillance

Quand ton sac prend l'air

Et Monet, t'as pas envie de la peindre cette belle meule ?

Et me voilà enfin arrivée à Axum, aussi écrite Axoum, au Nord de l'Ethiopie.
Bienvenue dans ce royaume légendaire du 1er au 13éme siécle et ancienne capitale de l'Abyssinie, le nom historique de l'Ethiopie.
Mais aussi et surtout, l'ancien royaume de la reine de Saba, avec les ruines de son palais et ses bains. Ou encore les tombeaux des rois Khaled et Gebremeskel et la pierre d'Ezana, l'équivalent de la pierre de rosette éthiopienne, ou même le champ des stèles. Et puis le lieu où l'Arche d'alliance avec les Dix commandements reposerait dans la première église créée en Ethiopie, l'église Saint Marie de Sion, après avoir été dérobée au roi d'Israël Salomon par son fils Ménélik issu de son union avec la reine de Saba.
Bref, avec ce poids historique, c'est palpitant.
Pour accéder à l'ensemble des sites, il y a un ticket de 100 birrs (3 euros) à prendre au tout début de la route qui mène à l'église Saint Marie de Sion, car après ils n'en vendent pas.
Ne sachant pas ça, j'ai dû negocier à l'entrée de chaque site pour qu'ils me laissent passer sans billet car c'était à des kilomètres d'y retourner. Et je leur disais au passage qu'il serait judicieux de permettre la vente des tickets à l'entrée de chaque site car je n'ai pas dû être la seule dans ce cas.
L'église Saint Marie de Sion est à 250 birrs en extra. Elle est très jolie d'exterieur avec son architecture atypique et le petit musée inclus est intéressant avec les reliques. Mais la chapelle où reposerait l'Arche d'alliance est interdite aux femmes.
Juste en face, il y a les stèles, impressionnantes.
Puis en remontant le chemin, sur la droite, se trouve la légendaire piscine de la reine de Saba. J'imaginais quelque chose de grandiose. Au lieu de ça, un étang sale dorénavant appelé réservoir de May Shum. C'est pas là que j'irais mettre un orteil.
En remontant encore le chemin, il y a l'équivalent de la pierre de rosette éthiopienne, la pierre d'Ezana, écrite en guèse, en grec et en amharique.
Puis tout en haut du chemin, il y a les tombeaux des empereurs Khaled et Gebremeskel. Ambiance fascinante.

L'originale église Sainte Marie de Sion



Et oui ça grimpe

Les bains de la reine de Saba. Hum. Je voyais pas ça comme ça bizarrement.

Pierre d'Ezana




Accès au tombeau. J'adore.




Ce qui l'a été un peu moins, c'était les enfants, ces êtres doués d'innocence. Et bien pas ici. Leurs parents leurs enseignent dès le plus jeune âge à demander des choses aux touristes. Et, cause ou conséquence, les touristes donnent et ont donné. Maintenant les enfants sont supers agressifs et peuvent vous suivre pendant des kilomètres en demandant ''candy/pen/money" au choix ou tout en même temps.
Et j'en ai fait l'expérience ici où une petite fille m'a suivie sans relâche alors que je voulais me balader seule dans la campagne environnante. Puis des jeunes garçons m'ont aussi balancé des cailloux. Bref, la meilleure chose à faire est de ne pas répondre mais il faut prendre sur soi.

Ils avaient pourtant l'air mignon au début...

Au détour d'une balade dans la campagne environnante




L'après midi venu, après une pause relax après ces kilomètres a pied, je me suis dirigée à l'autre endroit avec le champ des stèles et les ruines du royaume de la reine de Saba.
Quand j'ai filé un pourboire de 10 birrs au gardien qui m'avait expliqué 2-3 trucs, il m'en a demandé 100.
Quand, quelques heures avant, j'avais donné le même montant au gardien des tombeaux qui m'a laissé passer sans retourner au guichet central, il m'avait remercié en inclinant la tête et joignant ses mains. Alors que celui là ne dit même pas merci et en demande plus. Culotté.

Sur le chemin du champ des stèles

Champ des stèles



Ruines du palais de la reine de Saba

Une chose simple pour connaître la valeur de l'argent dans un pays : quel est le prix d'un restaurant ici ?
En Ethiopie, on a un café entre 5 et 7 birrs (0,15 euros) et un plat pour 50 birrs environ (1,50 euro) dans les restaurants traditionnels.
Du coup, pour les voyageurs, manger au restaurant à tous les repas est vraiment possible et même plus conseillé que de se faire à manger vu leur prix dérisoire.
Et en corrolaire, quand un local te demande un pourboire de 100 birrs, pour toi ça ne te semble pas grand chose car ce n'est ''que'' 3 euros. Mais pour eux, ils peuvent aller manger 2 fois au restaurant, ce qui est donc une valeur énorme.
Comme si en France, on te donnait un pourboire de 40 euros en gros.
Cette comparaison avec le coût d'un restaurant est un indicateur essentiel pour rémunerer à valeur juste un local et ne pas créer de clivage social et d'abus.
Je me suis donc habituée à toujours avoir des petites coupures de 10 birrs dans ma poche car on en sort beaucoup au cours de la journée.
Plutôt que de sortir un de mes nombreux billets de 100 birrs (3 euros), qui est le plus gros billet en circulation, sur lequel ils ont rarement/ne veulent pas faire du change. C'est dire sa valeur.

D'ailleurs, en parlant de restaurant, à Axum, j'ai été surprise de la qualité de l'Antica cultural restaurant qui est devenu ma cantine avec un prix tout doux.
Et en Ethiopie, la spécialité en boisson après le café, c'est le jus d'avocat.
Bon le goût est sympa et original mais c'est juste hyper épais et difficile à finir sans être écoeuré. Et même les autres jus, de mangue ou banane par exemple, sont épais.
Du coup, j'étais ravie de découvrir la Juice house à Axum avec ses jus frais exquis et vraiment liquides.

Et pour le thé, j'ai voulu tester leur ''peanut tea'', café à la cacahouète, qui m'a evidemment intriguée. Alors c'est l'équivalent de boire du beurre de cacahouète, avec la même consistance épaisse. Pas ma tasse de thé.
Heureusement que leur chaï, leur thé classique, est un thé noir, souvent agrémenté de cannelle, qui est très appréciable. Et le meilleur que j'ai bu était à Gondar au Tele kafe à côté de la place centrale.

Thé à la cacahouète. Épais l'affaire.

Mon chaï à la canelle. Et en prime un délicieux gateau. Un petit miracle en Ethiopie. Merci le Tele kafe de Gondar.

L'heure était venue de quitter les villes et d'aller voir ce que la nature éthiopienne avait à offrir.
Et c'etait du haut niveau : la dépression du Danakil avec le mont Dallol et le volcan Erta Ale.

Pour autant, j'ai tout de même bien hésité avant d'y aller car cette zone à la frontière de l'Erythrée, comme toutes zones frontalières en général, est dangereuse et formellement déconseillée car classée rouge par le Ministère.
La raison : plusieurs cas de touristes enlevés ou tués dans les 3 derniers mois et les dernières années aussi.
Je me suis donc renseignée de niveau local sur le niveau de risque et on m'a confirmé à plusieurs reprises dans les différentes villes que c'etaient des cas minimes de personnes qui y étaient parties seules sans l'escorte militaire requise.
Et que vu le nombre de personnes s'y rendant chaque jour, le pourcentage reste faible. Ok je ne suis pas une statistique mais tu m'as rassurée.
Pour cela, le tour opérateur ETT, Ethio travel tours, basé dans la ville de Mékélé, est le plus réputé et trés bien organisé. Avec appui militaire dans les endroits requis et guide local.
Les tours proposés sont de 2 à 4 jours.
Je conseille vivement le tour de 4 jours, comme les locaux me l'ont moi-même conseillé, car il permet de prendre son temps et le prix est quasi-équivalent au tour de 3 jours : 350 dollars (285 euros) pour 4 jours, tout inclus.
Avec possibilité de négociation jusqu'à 300 dollars maximum au bureau central à Mékélé, mais non possible avec les partenaires présents dans le reste du pays.

Pour rejoindre Mékélé depuis Axum, j'ai profité d'un partenaire d'ETT qui m'y a emmené en jeep et qui m'a fait visiter des églises incroyables en chemin pour 50 dollars la journée avec transport et entrées des églises inclus. Parce que la région du Tigré en recèle de merveilleuses et qu'en bus, on ne peut pas y accéder vu leur localisation très excentrée.
Par contre, toujours autant d'agressivité financière de la part des locaux avec qui il est presque impossible de négocier cordialement et qui empêchent presque l'accès au site si on n'y va pas avec leur guide local, à payer en plus du tarif d'accès classique à 200 birrs évidemment.
Et le clou du spectacle, c'est quand j'ai donné 10 birrs en plus à un prêtre pour le remercier et qu'il a rigolé de façon si cynique en trouvant ça insuffisant que je me suis demandée comment c'était possible pour un homme de Dieu. Juste hallucinant.

Première église du Tigré à flanc de falaises

Par contre pour y grimper c'était coton avec cet escalier


Seconde église du Tigré, creusée dans la falaise. Sombre et incroyablement mystique.



Sa porte avec sa serrure ''magique'' et surtout avec un mecanisme hyper ingénieux

Arrivée à Mékélé et après ma courte nuit, j'ai partagé mes 4 jours avec un couple d'Américains, Mila et Robert, d'une soixantaine d'années, complétement addicts de voyage nature et un Argentin, Nicolas, de mon âge et voyageur au long cours également.

Et aux pauses déjeuners, on se retrouvait tous ensemble avec les autres voyageurs d'ETT, ce qui nous a permis d'avoir des moments extras entre Suisses, Italiens, Péruviens,...

Le premier jour, direction le désert de sel.
Après en avoir vu un en Bolivie, j'imaginais un peu le décor.
Et bien non, car là, avec la saison humide, le désert de sel avait des immensités recouvertes d'eau ce qui donnait un effet mirroir à couper le souffle.
En Bolivie en version sèche, en Ethiopie en version humide. Que demande le peuple. Et dire qu'ils y en a qui choisissent specialement la saison humide en Bolivie pour cet effet irrél de reflet de l'eau sur le sel.
Et puis, l'altitude aussi. Juste dingue : en Bolivie j'étais à plus de 4000 mètres au-dessus du niveau de la mer alors qu'ici, tout l'inverse, j'etais à plus de 100 mètres au-dessous du niveau de la mer.
Et avec un apéro de vin local offert en regardant le coucher du soleil et les caravanes de sel passer avec leur chameaux chargés de blocs de sel, c'était juste superbe.
Et pour le dîner qu'on a eu dehors ensuite, ma foi, c'était plutôt bon et varié. Je n'aurai pas encore à passer au cran du dessous sur ma ceinture de Mongolie, qui en a vu depuis.
Et la nuit qui nous attendait allait être tout autant magique : des lits de camp, dehors à la belle étoile avec un duvet sous une clarté du ciel irréelle pour regarder ces milliers d'étoiles. Tellement beau que je me forçais à rester éveillée pour admirer le spectacle avant que Morphée me prenne de force.

Et ce n'était que le début

Paysage lunaire et vie rudimentaire

''Dans la peau d'un Noir''. Camp Hamede Ela sur mon lit de camp.



L'heure du déjeuner les enfants

Il faut pas grand chose pour être heureux en fait

Quand notre chauffeur nous laisse monter sur le toit en plein désert de sel à toute allure

Ca décoiffe en tout cas

Mais c'est le pied assuré !
















Les caravanes de sel

Retour du boulot

Le lendemain, réveil à 5h pour le petit déjeuner au campement.
Et oui, le corrolaire à accepter pour profiter de cette beauté, c'est l'absence de confort. Les dents on se les brosse dehors avec une petite bouteille d'eau, on se rafraichit comme on peut et les toilettes c'est où on veut. Sans compter les mouches qui sont aussi aggressives que les enfants.
On a repris la route pour le site du Dallol le 2éme jour et on en a encore pris plein les mirettes avec ces zones colorées entrecoupées d'espaces lunaires que ça en est irréel. À Rotorua en Nouvelle-Zélande, j'avais déjà eu l'occasion d'observer les magnifiques effets de coloration dûe aux gaz volcaniques mais pas de si près.
Ici, en Afrique, pas de sécurité ou de passerelle en bois, on peut s'en rapprocher au plus près. Indécent de beauté.

Arrivée au Dallol


















Ragad, Asebo. Comment passer des heures à extraire le sel


Pour en faire des blocs de taille équivalente

Et les ramener à dos de chameau

Mon beau chameau, roi du désert

C'est pas gagné que je le decoupe ce bloc de sel


Après cette journée repue de magnificience, on a pu se relaxer dans une petite auberge locale, avec des matelas au sol et on a même eu droit à un mince filet d'eau froide pour se laver. Grand luxe.
Et j'ai une petite locale qui m'a coiffé à l'éthiopienne. Rasta Mathilde est arrivée.

Le jour suivant, on a roulé des heures pour rejoindre le bébé : le volcan Erta Ale. 
Et en chemin, voir les enfants en guénilles courrir après la jeep, parfois pieds nus sur les roches, pour espérer obtenir quelque chose des touristes, c'est bouleversant. Et ce constat fait mal au coeur car ceux qui leur ont déjà donné entraînent ces enfants à courrir après les voitures plutôt que d'aller à l'école en sachant où ils obtiendront le plus de choses à court terme. Voilà comment le fait de donner un billet à un enfant peut l'entraîner à rompre sa scolarité et son éducation future...

Habitations en plein désert

Rasta Mathilde





Le bébé : le volcan Erta Ale

Après s'être fait chahuter vivement dans la voiture avec les chemins de sable et de roche volcanique, on a fini par arriver au camp de base militaire, avec les soldats qui allaient nous escorter.
On a dîner très tôt car à 20h, on allait commencer notre trek de 3h de nuit à travers la roche volcanique pour se rendre au cratère du volcan. Même pas vu le temps passé en discutant avec mes camarades. Et plus on se rapprochait, plus on voyait la brume rouge au-dessus de volcan.
Et on commencait aussi à tousser.
Parce que oui les gaz volcaniques font suffoquer mais on s'y habitue après quelques minutes.
Et nous voilà arrivés au bord du cratère, à 1 m exactement.
Exceptionnel.
Et ce volcan est non seulement actif (ce qui ne signifie pas qu'on peut y voir de la lave) mais aussi rempli de magma en fusion, qui passe en permanence de l'état compact à une rivière de lave.
Magique, mythique, incroyable, inoubliable.
J'aurai pu passer la nuit à admirer ce spectacle changeant.
Et l'avantage indéniable de l'Afrique, si on peut dire cela, c'est l'absence de sécurité comme on trouve sur tous les autres continents. Comme ils ne sont pas très regardant, ça permet d'aller au plus près des choses.
On etait si proches du cratère sans aucune barrière que je me demandais d'ailleurs comment c'était possible qu'il n'y ait pas eu de chutes mortelles dans le cratère.
On est ensuite revenus à une centaine de mètres du cratère, sur le lieu où on allait dormir quelques heures au sol sur des matelas, avant de se lever à 4h du matin pour le trek de retour.
Pourtant, quelques voyageurs ont demandé au guide de ne pas dormir ici vu la dangerosité de dormir avec les gaz volcaniques si prégnants.
Bon il est vrai que ce n'était pas très sain je pense mais en même temps, une seule nuit ici dans toute notre vie, on devrait y survivre.
Quoi qu'il en soit le guide a refusé pour ne pas disloquer le groupe et se faire escorter par l'armée amoindrie car c'est ce qui favorise les enlévements.
On s'est donc réveillés à 4h, compétement ensommeillés, pour prendre le chemin retour et voir le soleil se lever. Et un petit déjeuner bien mérité au camp militaire.

En chemin...

Bienvenue





Rasta Mathilde

La dream team

L'appel du volcan

Du magma solidifié...à la rivière de lave en fusion. Sans mot.






Quand la lave en fusion bouillonne juste dans le cratère à 1m derrière toi. Inoubliable. 

Retour au petit matin

L'heure de récupérer ma tignasse


Petit déjeuner au campement



Sur le chemin retour en jeep, on était tous claqués.
Heureusement, ils nous ont offerts une pause baignade ravigorante dans le beau lac rempli d'eau salée et non d'eau douce, le lac Giulietti ou Afrera, à 100 mètres sous le niveau de la mer. Hallucinant.
Et aussi dans les sources chaudes juste à côté pour varier les plaisirs.
Avant le déjeuner, très appréciable.

Bibi. KO.

Américains. KO.

Argentin. KO.

Source chaude. Hyper relaxant.

Lac d'eau salée Giulietti. 100 m en dessous du niveau de la mer. Trop cool de se baigner à cette altitude.





Et on a pris le chemin pour rentrer à Mékélé.
Grosse embrassade à mes Américains et avec Nicolas, on a continué le trip ensemble.
Après notre dîner d'aurevoir avec les Suisses, on est partis le lendemain direction Lalibela. En jeep privé, fournie par ETT et inclus dans le prix du tour. Génial. Ça évite un bus local et son inconfort.

À Lalibela, entre odeur de chèvre, poussière et café, on y arrivait pour la fête de Timkat, le baptême pour les orthodoxes, une des plus grosses fêtes religieuses de l'année. Ce qui s'en ressentait sur les prix des hébergements.
Et le lendemain, après un nouveau réveil aux aurores, on s'est rendu à cette fameuse cérémonie de Timkat, entre prières, bénédictions et baptème à l'eau pendant près de 3h.
Entre Noël et Timkat, le mois de Janvier est super vivant en Ethiopie.

Quand le jour se lève pour la célébration de Timkat et que tous les fidèles sont levés


Où est l'Argentin ?

Défilé de toutes les communautés monastiques avec leur croix




Bénédiction de l'eau...

Avant d'en baptiser tout le monde

On en a aussi évidemment profité pour se rendre aux si célébres églises de Lalibela. Ces 11 églises rupestres qui ont éte taillées dans la roche, non dans une façade de falaise mais véritablement dans un trou creusé pour l'occasion, où les églises ont ensuite été façonnées et auxquelles on accède par des sous-terrains.

Un coucher de soleil accompagné




La plus célébre, l'église Saint Georges, de part sa forme atypique en croix 







Vous vous en rappelez sur mon arc en Mongolie ? Et oui le svastika est un symbole bénéfique universel. Ici, il est tourné vers la gauche et est donc lié au temps qui s'ecoule et représente la nuit.

Je suis pas de taille face à l'église Saint Georges

Nicolas à l'entrée du sous-terrain







Specificité locale : les maisons circulaires


Le dernier endroit du Nord Ethiopien que je souhaitais découvrir, c'était Bahir Dar. Parce qu'il y a un lac. Mon addiction pour les points d'eau, toujours.
Nicolas m'a également accompagné jusqu'ici d'où il prendrait son vol retour pour la capitale pour aller au Kenya, seconde destination de son trip de 6 mois en Afrique.
Et comme il n'avait pas encore testé le bus local, je lui ai fait tester de Lalibela à Bahir Dar. Il n'a pas été déçu.


Station de bus de Lalibela


Dans le bus local. C'est parti pour 8h comme ça.

À notre arrivée à Bahir Dar, rebelotte avec le cinéma habituel de taxis, etc, et là on nous dit même que ça va être difficile de trouver un hébergement au prix souhaité car tous les hôtels sont pleins à cause d'un concert.
On a cru à une blague mais non.
Et quand j'ai demandé qui etait l'artiste et qu'on m'a répondu Teddy Afro, j'étais juste super excitée car c'est le chanteur que m'avait fait découvrir Mike et ses copains à Gondar.
Et bien ni une ni deux, on a pris les derniers billets et on s'est retrouvés le soir même au stade de Bahir Dar, avec des miliers d'Ethiopiens, dans une ambiance déjantée avec leur danse façon poulet, à la limite de se démembrer les épaules, qu'ils ont essayé de nous apprendre.
Après 3h de concert de folie, j'avais les pieds en feu et j'étais morte de fatigue.
Et quel ne fut pas l'étonnement pour eux de voir 2 blancs au concert qui ''connaissaient'' Teddy Afro.
Car c'est véritablement une star nationale et internationale et c'était son premier concert autorisé en Ethiopie après de nombreuses années de refus par le gouvernement.
Chanceuse, c'est le mot.

Teddy afro. Qu'on voit partout dans la ville pour l'occasion.

Quand les Ethiopiens portent fièrement leurs couleurs en attenddant l'arrivée de la star

Tiens, 2 blancs au concert

Top départ de 3h enflammées

Et Bahir Dar est pour moi la ville la plus agréable où j'ai séjourné.
On sent de suite que c'est plus developpé ici pour la simple et bonne raison qu'il y a des trottoirs et même des allées de palmiers bien verts.
Je me faisais même masser tous les jours, à chaque fois dans un spa différent, entre 150 et 250 birrs, soit moins de 8 euros de l'heure.
Autant je n'en avais pas trouvé pléthore avant, autant ici il y a l'embarras du choix et j'ai pu me faire plaisir.



Nicolas étant reparti à la capitale pour son vol, j'aurai pu aller passer quelques jours dans le Sud Ethiopien avec les quelques jours qu'il me restait.
Mais n'ayant pas envie de courrir, j'ai préféré ne pas découvrir le Sud Ethiopien et profiter pleinement des environs de Bahir Dar entre ses balades sur le lac Tana avec les communautés monastiques, ses cascades du Nil bleu, ses marchés, ses collines, ses peintures avec les fleurs locales sur des peaux de chèvres,...

Bateau en papyrus, la specialité

Peinture artisanale : pigments de couleurs issus des fleurs et support en bois ou peau de chèvre. Du bon usage des essources locales.

Baies de café




Ciment local


Cloche artisanale

Monastère


Peintures bibliques. Et oui, parce qu'avec de nombrueux illétrés, le dessin est la meilleure façon de faire passer un message 




Du tank russe. Ok why not.


De l'hotel de luxe...

A la réalité de la rue




Retour de marché. Plein les mains. Ah non la tête.

Cache cache poulet


Vue panoramique sur les chutes du Nil bleu


J'espère que t'as pas le vertige



Et j'ai même eu droit à une douche sous ce soleil de plomb

Chute du Nil bleu

Ou encore prendre leur tuk tuk importé d'Inde mais repeint en bleu et blanc au lieu du vert et jaune indien. Et pour 15 birrs, on fonce à travers les petites rues de la ville avec des portraits de Jésus, Marie, Ronaldo ou Messi sur le pare-brise et la moumoute au plafond qui nous chatouille, en mode jacky tunning.

Tuk tuk ethiopien

Entre la moumoute et le Christ
Moumoute d'un jour moumoute toujours

Et j'ai même adopté la coiffure locale que j'adorais.
Toujours intéressant de prendre le temps de connaître la ville et devenir un élément du paysage local.

Pendant

Après

Et un jour alors que je prenais mon déjeuner, à base de tibs une fois de plus, me voilà à partager une discussion passionnée pendant tout un après midi avec Girmay, un local ayant parcouru l'Europe à vélo, et Francesco, un Argentin qui fait l'Afrique à vélo. Je lui ai donc parlé de Manu, l'Allemand que nous avions rencontré à Lalibela, qui faisait aussi l'Afrique à vélo. Et c'est marrant car ils s'étaient déjà rencontrés entre bikers avec mollets musclés et pieds abimés.
Comme je disais, l'Afrique est vraiment un lieu avec des voyageurs atypiques et ''solides'' aux conditions de vie.

Tibs. Encore et toujours.



Bien sûr de nuit, même Bahir Dar ne semblait pas sans danger. De jour, ça allait encore, même si, bien sûr, j'ai encore reçu des cailloux de gamins, qui ne connaissent que ça pour jouer.
Aussi, quand on met le pied dehors en Ethiopie, il faut être prêt à recevoir toutes les sollicitations qui arriveront contre notre gré à longueur de journée. Et les refuser poliement.
Comme recevoir de nombreux ''hello'' des enfants ou se faire draguer en permanence par des hommes, de 20 à 60 ans si ce n'est plus.
Toujours difficile de connaître l'âge d'un africain.
Et puis physiquement, il est vrai qu'il n'est pas simple de reconnaitre quelqu'un qu'on n'a rencontré qu'une seule fois ici car il n'y a pas d'éléments distinctifs comme la couleur des cheveux ou des yeux pour nous aider, comme on peut l'avoir facilement en Europe par exemple.

Et pour la première fois de mon voyage, j'ai été couchée. Littéralement. Avec fièvre, picotements, étourdissements et tout.
Et j'avais mon vol pour quitter l'Afrique 3 jours après. Ce qui voulait dire que j'allais devoir prendre un bus pendant 12h dans cet état. Check. J'ai dormi presque tout le long.
Et par je ne sais quelle force surhumaine, j'ai même réussi à aider des locaux dans une histoire d'adoption, où la mère recherchait sa fille qui a été adoptée par un Français. Voilà comment après une courte nuit de repos, je me suis retrouvée embarquée à l'ambassade de France pour avoir plus d'informations en complément des recherches internet que j'ai faite pour eux. Délirant.

Ici, ils s'emballent tous dans des serviettes contre le froid. Trop stylé. Dernier réveil à 4h du matin pour revenir à la capitale en bus.

Station essence. En fonctionnement.

La femme à qui j'ai donné un coup de pouce pour leurs recherches avec son mari et leur amie qui recherchait sa fille

Après 1 mois en Ethiopie, affamée et subjuguée, une chose envahissait mes rêves : une mozzarella avec un coeur coulant et un bon foie de veau revenu aux oignons. Bref, j'ai pris un vol pour l'Italie.
Avec pour seul objectif de remettre ma ceinture à son niveau de départ.

Allez, un dernier petit café avant de reprendre la route pour l'Europe

Avec escale à Dubaï. Qui me rassure avant de retrouver l'Europe 

Passer de l'Ethiopie à Dubaï, c'était le grand saut aussi. Comme l'impression d'être un personnage de cette fontaine géante du mall de Dubaï


Commentaires

  1. Cela faisait quelques temps, que je n'étais pas repassé sur ton blog de dunoise... Que de souvenirs ! Que de choses à raconter ! Que d'ouverture d'esprit ensuite ! Et avec la satisfaction d'avoir vu un bout de chaque continent à 29 ans, différentes cultures... Bon retour en Europe !!! Eric AGUILLE

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